lundi, 20 février 2017
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Homélies

Homélie 7ème dim. TO année A, 2017

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  • Publié le dimanche 19 février 2017 15:33
  • Écrit par Stephane LIGIER
  • 19 Fév

7e dimanche ordinaire121A
Première Lecture : Lévitique 19.1–2, 17–18
Psaume : Psaume 103.1–4, 8, 10, 12–13
Deuxième Lecture : 1·Corinthiens 3.16–23
Évangile : Matthieu 5.38–48

Nous tendrons l'autre joue dans le Royaume

Comment c’est le Royaume de Dieu ?
Comment ça se passe après la mort ?
Il n’est pas rare que l’on me pose ces questions. Dans la tête de nombreuses personnes les prêtres sont les spécialistes de la vie après la mort, de l’au-delà avec les voyants, les moines tibétains, les cartomanciens, les astrologues, toutes ces personnes qui semblent être branchées directement sur cette vie après la mort, connectées spirituellement.
Dans l’Église catholique les prêtres ne sont pas plus professionnels en ces matières qu’un autre chrétien. Nous connaissons quelques images pour illustrer le Royaume de Dieu. Mais ce sont des images qui expriment une réalité qui nous échappe toutes et tous.
Il me semble que l’évangile d’aujourd’hui nous en présente quelques-unes.
En effet, le discours du Christ est celui de l’espérance. L’espérance n’est pas l’espoir avec une surcouche religieuse.
Les deux termes ne sont pas synonymes.
L’espoir fait vivre parait-il, c’est possible.
L’espoir c’est notre capacité à nous projeter dans l’avenir, à mettre en place des projets pour les semaines, les mois et les années à venir.
L’espoir peut aussi être un ensemble de valeurs que nous donnons à nos enfants pour qu’ils se construisent dans l’avenir.
L’espoir est donc fragile car il est un élan que nous lançons dans un futur plus ou moins proche composé d’évènements, de situations heureuses ou tragiques que nous maîtrisons peu ou pas du tout.
Peut-être que certains de nos espoirs de jeunesse se sont réalisés mais sûrement beaucoup n’ont pas vu le jour car la vie, notre histoire ne l’ont pas permis.
L’espérance chrétienne et juive ne vient pas de nous et elle n’est pas une projection dans l’avenir.
L’espérance du croyant nous vient de l’avenir, est forgée par le Royaume.
C’est la foi en une vie plus forte que la mort, cette foi en l’au-delà de la mort qui forge notre espérance actuelle.
Le Christ nous dit qui est le Royaume et non pas ce qu’est le Royaume.
La phrase « si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre » est sûrement l’une des plus connues de l’évangile et bien souvent utilisée pour se moquer du Christ ou des chrétiens.
Nous-mêmes, sommes souvent déstabilisés par cette idée.
Il est déjà tellement difficile de respecter la loi du talion « œil pour œil, dent pour dent ».
Nous le voyons dans les conflits entre pays ou continents, nous l’expérimentons dans notre propre vie, lorsque nous avons été blessés, meurtris, notre désir est la vengeance puissance dix et non pas identique en tout point à l’offense, alors basculer dans le fait de tendre l’autre joue…
Pourtant il s’agit là d’un commandement du Christ.
Et le Christ continue, si quelqu’un prend ta tunique, donne-lui ton manteau, si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas fais en le double, à qui te demande, donne et ne refuse pas à celui qui veut t’emprunter !
Et le summum : il nous faut aimer nos ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent.
Il s’agit donc de vivre ces commandements du Christ pour être parfait comme notre Père l’est !
Le Christ nous décrit, nous présente le Royaume des cieux !
Il ne s’agit pas de « dormir dans le paradis blanc
Où les nuits sont si longues qu'on en oublie le temps » comme le chantait si bien Michel Berger.
Le Christ ne nous décrit pas un lieu mais une personne, sa propre personne, une relation, sa propre relation.
Le Royaume sera nos relations entièrement pacifiées, réconciliées, données aux autres.
Il n’y a pas de Royaume sans les autres, il n’y a pas de Royaume sans nos ennemis, sans nos oppresseurs.
Le Royaume n’est pas un club de copains d’où serait évacué celles et ceux qui nous ont fait tant de mal.
Le Royaume est notre vie continuée où toutes nos relations même les plus violentes, même les plus terribles, même les plus impardonnables seront réconciliées, transfigurées.
Le Christ ne nous offre pas de l’espoir pour l’avenir, il nous dévoile une espérance à la hauteur de sa vie, une espérance qui nous vient du Royaume.
Il nous donne cette espérance pour notre vie concrète, réelle, celle d’aujourd’hui pour que le Royaume soit déjà en germe dans le monde, pour que sa présence soit effective dans le témoignage de notre communauté.
Dans la foi et l’amour donné, témoignons de cette espérance concrète du Christ vivant en tendant l’autre joue à l’autre, en donnant notre manteau à l’autre, en faisant deux mille pas avec l’autre, en aimant nos ennemis et en priant pour nos persécuteurs !

Homélie 5ème dim. TO année A, 2017

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  • Publié le lundi 6 février 2017 20:25
  • Écrit par Stephane LIGIER
  • 06 Fév

5e dimanche ordinaire119C
Première Lecture : Isaïe 58.7–10
Psaume : Psaume 112.4–9
Deuxième Lecture : 1·Corinthiens 2.1–5
Évangile : Matthieu 5.13–16

Encore un peu de sel? 

Après les défis souvent mortels lancés par nos grands-pères lorsqu’ils étaient ados, après le jeu du foulard des enfants dans les cours d’école, après les multiples paris lancés avec l’alcool, après les scarifications des années 2000, les ados ont trouvé un nouveau jeu sadique : déposer de la glace sur leur peau assaisonnée de sel et supporter ce mélange le plus longtemps possible. Pour les plus courageux ou les plus fous, cela occasionne des brulures de 2ème voir 3ème degrés.
Je ne vous invite surtout pas à essayer en rentrant mais cette expérience nous révèle la puissance du sel. C’est un appel au secours pour de nombreux jeunes mais c’est aussi l’expression d’une purification.
Les ados ont souvent besoin de purifications. C’est l’un des rôles du sel : purifier, nettoyer.
Si donc nous sommes sel pour le monde alors nous sommes dans ce monde pour l’aider à être purifié.
Il ne s’agit pas de se retirer du monde mais de le soutenir pour qu’il soit purifié de toute velléité au goût du pouvoir, de toute exclusion, de toute manipulation du plus faible, de tout racisme, de tout repli identitaire, de toutes ces choses où l’autre ne peut plus vivre librement, vivre dignement.
Dans ce cas l’affadissement de notre sel, serait d’accepter que le monde reste impur, violent, manipulateur, destructeur.
Le sel est aussi très précieux car il conserve. D’ailleurs les romains ont vaincu pas mal de peuple grâce au sel. Ils pouvaient faire venir de la nourriture conservée dans le sel et ainsi tenir des sièges très longs.
La solde des militaires était parfois divisée entre argent et sel, c’est de là que nous vient le mot salaire, que nous entendons tous les jours en ce moment avec l’actualité politique.
Si donc nous sommes le sel de la terre, c’est que nous conservons cette alliance entre Dieu et nous.
Une alliance irrévocable, scellée dans la croix du Christ, une alliance qui témoigne du don du Christ à toute femme et à tout homme.
Conserver cette alliance pour le monde, pour en témoigner dans le monde.
Ainsi si nous venons à nous affadir, la conservation de cette alliance pour le monde serait en péril.
Le sel, depuis le néolithique est apparu comme très précieux, d’une grande valeur commerciale. Si donc nous sommes le sel de la terre, nous avons de la valeur pour ce monde, non par nos capacités spirituelles ou notre jugement moral irréprochable mais tout simplement parce que nous sommes aimés de Dieu et que notre monde est aimé par Dieu.
Autre qualité du sel, il révèle goût des aliments alors que le sucre en change le goût. Si donc nous sommes sel de la terre, nous sommes appelés à révéler le goût au monde. Quel est donc ce goût, comment notre monde peut-il avoir du goût ?
Sûrement nous sommes invités à révéler le goût de Dieu mais pas un Dieu vengeur, colérique, tueur mais le goût de Dieu qui se donne dans le Fils.
Nous sommes appelés à révéler le goût de l’humanité au monde où toute femme, tout homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu justement dans ce don à l’autre.
Nous sommes sel de la terre pour révéler et Dieu et l’humanité à notre monde.
Nous sommes sel de la terre pour relever le goût de Dieu et de l’humanité.
Si nous venons à nous affadir alors notre monde oubliera à la fois Dieu à la fois l’humanité et en premier lieu les plus pauvres, les plus fragiles, les exclus.
Juste un mot à propos de la lumière car le Christ nous dit que nous sommes lumière pour le monde.
Une lumière qui est faites pour briller afin d’éviter de tomber sur le chemin de la vie.
Une lumière qui éclaire toute femme et tout homme. Une lumière que l’on ne peut pas mettre sous le boisseau, cet objet cylindrique qui servait à mesurer les matières sèches.
Forcément ce vase cylindrique était fermé et en mettant une flamme à l’intérieur, par manque d’oxygène, elle s’éteignait.
Nous sommes disciples-missionnaires par le baptême et la confirmation, nous sommes à la fois sel et lumière. Le sel s’affadis sans l’Esprit-Saint, la lumière s’éteint sans l’oxygène, sans l’Esprit-Saint.
Plongés dans l’Esprit-Saint, accueillons cette transfiguration de disciples-missionnaires, de sel et lumière pour les femmes et les hommes que nous rencontrons.

Homélie 4ème dim. TO année A, 2017

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  • Publié le lundi 30 janvier 2017 22:26
  • Écrit par Stephane LIGIER
  • 30 Jan

4e dimanche ordinaire009B
Première Lecture : Sophonie 2.3; 3.12–13
Psaume : Psaume 146.7–10
Deuxième Lecture : 1·Corinthiens 1.26–31
Évangile : Matthieu 5.1–12

Heureux!!! Beau programme chrétien

Nous voilà, en haut de la montagne, le Christ s’est assis pour nous enseigner. Il ouvre la bouche pour parler comme tout le monde. Mais quand le Christ ouvre la bouche, il donne aussi l’Esprit.
Recevons son Esprit d’amour au cœur même de cette eucharistie, à la source et au sommet de la foi chrétienne.


Heureux ceux qui ont un "souffle" de pauvre: parce que à eux est le Royaume des cieux!*


Le souffle c’est la vie de Dieu. Dans la Bible, le seul qui possède le souffle c’est Dieu.
Pour créer et donner la vie, Dieu souffle, l’Esprit est un souffle.
Ainsi il nous faut entrer dans une vie de pauvre. Non pas forcément économiquement mais qu’il y ait en nous des pauvretés, des manques. Ne faisons pas fausse route, il ne s’agit pas de creuser des manques en espérant que Dieu vienne les combler.
Il nous faut rester en état de manque. Un manque qui nous pousse vers les autres. Un souffle de pauvre qui nous envoie pour la rencontre et la solidarité.
Le Christ est toujours accompagné du souffle qui creuse en lui, le manque pour se donner encore plus profondément aux femmes et aux hommes de son temps, pour se donner à nous.
Notre communauté paroissiale doit sans cesse recevoir ce souffle de pauvre pour qu’à l’image du Christ, elle aille sans cesse à la rencontre des autres et plus particulièrement des plus pauvres.


Heureux les doux : parce que eux, ils hériteront la terre


Ce n’est pas une douceur mièvre ou celle du ravi de la crèche, il s’agit de cette douceur du miel et du lait.
La terre dont ils hériteront est la terre promise, la terre de liberté où coulent le lait et le miel, la terre du Royaume.
Dans notre secteur paroissial, quelle est la douceur dont nous devons faire preuve pour nous engager et engager celles et ceux que nous côtoyons dans un vrai chemin de liberté ?
Le Christ est l’homme de la liberté et de la libération, au cœur du déchaînement de la violence, il exprime cette douceur dans le don de sa vie.
Notre communauté doit s’engager dans cette douceur pour la liberté et la libération de toute femme et tout homme.


Heureux les affligés : parce que eux, ils seront consolés !


Il ne s’agit pas de rechercher la tristesse ou la souffrance pour être consolé mais de nous ouvrir à un regard d’espérance.
Regarder au delà de la mort et de nos morts pour y voir poindre la résurrection.
L’espérance nous vient du Royaume, c’est le monde de la résurrection qui fait irruption dans notre temps présent.
Le Christ est sans cesse tendu vers la vie au delà de la mort pour lui-même mais aussi et surtout pour les autres.
Notre communauté paroissiale doit s’engager dans ce dialogue avec notre société qui parfois tombe dans une désespérance irrationnelle.
Notre communauté est l’un des signes du Royaume, l’espérance du Christ pour notre monde.


Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice: parce que eux, ils seront rassasiés !


Il ne s’agit pas d’une espèce de justice humaine où nous pourrions décider de ce qui est mal ou non.
Il s’agit d’être ajuster à Dieu, c’est à dire entrer dans son désir d’amour, de pardon et de vie.
Le Christ n’a eu de cesse d’être un affamé et un assoiffé de cette intimité avec son Père pour les autres.
Notre communauté paroissiale doit s’engager dans cette recherche inlassable de l’ajustement à Dieu pour que peu à peu notre monde s’ajuste aussi et qu’enfin, il soit délivré des douleurs de l’enfantement.


Heureux ceux qui ont pitié: parce que eux, ils seront pris en pitié !


Nous nous trouvons avec un terme piégé dans cette traduction, car la pitié a mauvaise presse aujourd’hui. Entendons ici pitié dans le sens de miséricorde, de pardon. Il nous faut pardonner, passer au delà du don, non pas effacer ou oublier mais bien construire avec l’autre par delà l’offense et avec son histoire, notre histoire commune marquée par la faiblesse, nos péchés.
Le Christ est celui qui pardonne, qui relève en nous redonnant notre dignité.
Notre communauté doit s’engager dans ce pardon reçu pour elle et dont elle témoigne car notre monde a besoin de rencontrer d’abord des témoins de ce pardon.


Heureux les purs de cœur: parce que eux, ils verront Dieu !


La pureté c’est l’innocence, la clarté, c’est l’inverse du calcul, du goût du pouvoir ou des honneurs.
La pureté est la première marche du service, elle permet une véritable transparence.
Le Christ est totalement pur, tout au service de ses sœurs et de ses frères pour être transparent à l’amour du Père.
Notre communauté paroissiale doit rester pure, sans recherche d’une quelconque valorisation au service des personnes qui vivent ici pour témoigner de l’amour du Père pour chacune d’entre elles.


Heureux ceux qui construisent la paix: parce que eux, ils seront appelés fils de Dieu !


La paix c’est l’un des grands don de Dieu dans la Bible, le plus concret, la paix en nous-mêmes, avec les autres et par conséquent avec Dieu.
Le Christ est le prince de la paix, non pas parce qu’il est le fils d’un roi mais parce qu’il est le premier, le principe même de la paix.
Notre communauté doit œuvrer pour la paix, c’est sa première vocation.
La paix c’est ce qui fait de nous une multitude de sœurs et de frères du Christ et par conséquent nous fait grandir en tant que fils et filles de Dieu.


Heureux les persécutés à cause de la justice : parce que à eux est le Royaume des cieux!


Cette dernière béatitude qui est en fait développée dans le verset suivant nous invite à témoigner de notre foi.
Non pas de manière prosélyte, en tenant un étendard à la main mais en ayant à l’esprit et dans le cœur les béatitudes. Elles nous invitent à aucune compromission pour être plus à la mode et moins rétrogrades et dans le même temps à témoigner du Christ qui donne sa vie pour toute femme et tout homme.
Le Christ a été persécuté pour la justice, pour cet ajustement à son Père.
Que notre communauté paroissiale le soit aussi. Non par goût masochiste du sacrifice mais pour que toute personne ne rêve pas seulement d’un bonheur à la petite semaine mais désire vivre de cet ajustement à Dieu et accueille avec joie les béatitudes.
C’est peut-être un excellent programme pour nous-mêmes et notre communauté.
Les béatitudes c’est le programme du chrétien pour vivre très concrètement ce que dit Paul aux Corinthiens : "ce qu’il y a de fou dans le monde,
voilà ce que Dieu a choisi,
pour couvrir de confusion les sages ;
ce qu’il y a de faible dans le monde,
voilà ce que Dieu a choisi,
pour couvrir de confusion ce qui est fort ;
ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde,
ce qui n’est pas,
voilà ce que Dieu a choisi,
pour réduire à rien ce qui est"

* La traduction des béatitudes est celle de Soeur Jeanne-d'Arc

Homélie 3ème dim. TO A, 2017

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  • Publié le lundi 23 janvier 2017 09:09
  • Écrit par Stephane LIGIER
  • 23 Jan

3e dimanche ordinaire067D
Première Lecture : Isaïe 8.23—9.3
Psaume : Psaume 27.1, 4, 13–14
Deuxième Lecture : 1·Corinthiens 1.10–13, 17
Évangile : Matthieu 4.12–23

Oecuménisme, quant tu nous tiens...

« Tel curé est parfait, il est formidable, à l’écoute, il a plein d’idées nouvelles et sa prédication m’emporte vers des cieux spirituels incroyables en plus il est charmant, ce qui ne gâte rien ! »
« Ce curé est insupportable, il est triste, toujours pressé et sa manière de célébrer la messe est horrible ! c’est pourquoi en famille nous faisons 25 km pour aller dans une autre paroisse mais il est bien possible que nous allions au culte évangélique à deux pas de chez nous ! »
C’est deux types de réflexion sont nées de mon imagination donc forcément caricaturales.
Il y a quelques temps j’en parlais avec un pasteur protestant qui pouvait dire exactement la même chose dans sa communauté.
En fait n’importe quel prêtre orthodoxe, n’importe quel pasteur évangélique, anglican, n’importe quel responsable d’Église est capable de faire la même analyse.
Nous l’avons entendu dans la lettre aux Corinthiens, Paul déplore les propos de certains qui se reconnaissent appartenir à Apollos, à Pierre ou à Paul.
Ce qui est plus surprenant c’est qu’à cette liste de trois noms, Paul ajoute le Christ.
N’est-ce pas la vocation de tout chrétien d’appartenir au Christ ?
Et pourquoi se met-il sur le même plan que le Christ avec Apollos et Pierre ?
Certains de la communauté de Corinthe se placent au-dessus de la mêlée.
Ils sont au-dessus de ces querelles intestines puisque, eux appartiennent au Christ directement.
Quelle importance d’appartenir à Paul, Apollos ou Pierre, puisque seul le Christ compte !
Une jeune femme me disait appartenir à l’église du Christ, rassurez-vous ils n’étaient pas nombreux et cette église ressemblait plus à une secte qu’à une communauté chrétienne.
Mais sa manière de présenter cette église disait qu’il fallait s’échapper des contraintes des communautés identifiées, se libérer de leur poids institutionnel comme si la médiation d’une communauté identifiée et réelle n’avait pas d’importance, comme si tout cela était secondaire et matériel, nous empêchant même d’accéder directement au Christ.
Une dame âgée me disait qu’il lui était plus facile d’être chrétienne que catholique. Elle avait raison.
Il est difficile d’appartenir à une communauté réelle qui porte à la fois des grâces et des dons extraordinaires mais qui porte en elle tout le poids du péché et notamment de son histoire.
La grande intuition de l’œcuménisme n’est pas de transformer les protestants, les orthodoxes, les anglicans, les coptes en bons catholiques. L’œcuménisme n’est pas une fusion des Églises en une hypothétique Église du Christ.
La grande intuition de l’œcuménisme c’est que chaque Église découvre en elle à la fois ses grâces reçues, à la fois ses péchés commis pour entrer en dialogue avec les autres Églises, car nos séparations, nos querelles, nos ignorances réciproques demeurent un scandale aux yeux du monde.
Nous ne pouvons pas prêcher l’amour et le désir d’unité du Christ tant que nous défions ou ignorons d’autres Églises.
Pour entrer dans ce mouvement dynamique de l’œcuménisme, qui n’est autre qu’un accueil de la conversion voulue par l’Esprit-Saint, il nous faut connaître, expérimenter, vivre dans une communauté réelle, institutionnelle.
Reconnaître à la fois ses grandeurs et ses péchés exige de nous de côtoyer cette communauté.
C’est une vraie conversion de vivre dans la fidélité à une communauté qui nous est donnée, fidélité en nous, dans la communauté catholique, dans notre diocèse et dans notre secteur paroissial.
La fidélité est simple quand tout se passe bien mais dès qu’il y a des paroles ou des actes qui peuvent nous meurtrir, comment la vivons-nous ?
La question peut s’inverser, accueillons-nous le pardon de l’Église catholique, de notre diocèse, de notre secteur paroissial si nous-mêmes nous commettons des péchés envers notre communauté ?
Le thème de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens est cette année : « Nous réconcilier. L'amour du Christ nous y presse»
Il s’agit bien entendu de la réconciliation entre les églises chrétiennes. L’amour du Christ nous y presse.
Mais nous réconcilier est aussi un devoir de conversion vis-à-vis de notre propre communauté. Nous réconcilier avec l’Eglise catholique, avec notre diocèse, avec notre secteur paroissial, l’amour du Christ nous y presse car vivre de cette communion est l’un des grands signes de la conversion au Christ.
Enfin nous réconcilier avec nos proches, avec nous-mêmes, l’amour du Christ nous y presse !
C’est dans cette conversion profonde au Christ, accueillant la fidélité dans l’Esprit que nous cheminerons vers la communion tant désirée par le Père.
Convertissons-nous car le Royaume de Dieu est tout proche, l’amour du Christ nous y presse.

Homélie 2ème dim. T.O année C, 2017

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  • Publié le vendredi 20 janvier 2017 09:25
  • Écrit par Stephane LIGIER
  • 20 Jan

2e dimanche ordinaire063C
Première Lecture : Isaïe 49.3, 5–6
Psaume : Psaume 40.2, 4, 7–10
Deuxième Lecture : 1·Corinthiens 1.1–3
Évangile : Jean 1.29–34

Connaître ou co-naître?

Il faudrait tout de même que nous sachions si Jésus et Jean-Baptiste se connaissaient.
En effet l’évangéliste Luc, nous dit clairement qu’ils se connaissaient puisque cousins et même avant de voir le jour puisque Jean tressaille en Élisabeth sentant la présence de Jésus dans le sein de Marie lors de la Visitation.
Nous pouvons même imaginer vue le lien d’Élisabeth et de Marie, que les enfants ont grandis ensemble.
Dans ce passage de l’évangile de Jean, deux fois le baptiste déclare qu’il ne connaissait pas Jésus.
Alors qui croire, Luc ou Jean ?
Peut-être pouvons-nous croire les deux ?
Que signifie connaitre Jésus-Christ ? Plus largement que signifie connaître quelqu’un ?
Et encore plus largement faut-il vraiment connaître en tout point l’autre ?
Lors des préparations au mariage, je vous avoue m’inquiéter quand l’un des deux partenaires m’annonce qu’il connaît tout de l’autre.
Je pense qu’il se réserve une cinquantaine d’années bien monotones !
Je sais bien que cette expression maladroite dévoile l’amour passionné et même fusionnel que ressent la personne pour l’autre.
Il y a l’idée dans le mot connaître de « naissance avec ». Lorsque je commence à connaître quelqu’un, il y a comme une nouvelle naissance, ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les auteurs bibliques utilisent ce verbe pour parfois qualifier la relation intime entre un homme et une femme.
Connaître quelqu’un c’est donc naître avec lui à la vie.
Jean-Baptiste, le cousin de Jésus, naît à la vie en le baptisant.
Il connaît qui est Jésus et ainsi il peut témoigner qu’il est l’agneau de Dieu et même le Fils de Dieu.
Mais dans cette dynamique de la naissance avec, nous ne sommes pas sur le registre de la fusion, de la manipulation.
Lorsque je connais quelqu’un, il ne m’appartient pas, il m’est donné et je continue sans cesse de naître avec lui pour approfondir le chemin du mystère de l’autre.
Plus je connais l’autre, plus son mystère s’approfondis, grandis et plus la joie de le connaître amplifie encore le mystère de l’amour.
Isaïe annonce le Christ alors qu’il ne le connaîtra jamais de son vivant, il l’annonce parce que déjà il le connaît.
Paul annoncera le Christ par toute sa vie alors que vraisemblablement il ne l’a jamais rencontré avant sa mort et pourtant il le connait tellement que toutes ses lettres sont pétries de la présence du Christ.
Et nous qui sommes ici, nous n’avons jamais rencontré Jésus mais nous le connaissons ressuscité et bien vivant sinon nous ne serions pas ici !
Si nous le connaissons, si nous naissons avec lui c’est que nous expérimentons ce mystère de l’amour. Et cette connaissance du Christ nous ne pouvons pas la garder pour nous, reprenons le grand cri de Paul « malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! »
Nous sommes disciples-missionnaires car nous sommes plongés, baptisés littéralement, dans cette connaissance du Christ.
À la fois disciples car nous admirons cette connaissance du Christ en nous, à la fois missionnaire car elle ne peut pas rester comme lettre morte en nous.
En communauté paroissiale, nous sommes appelés à connaître et à faire connaître le Christ, notre frère.
Bien entendu nous avons souvent la tentation de répondre comme Pierre au chant du coq, « non je ne connais pas cet homme. »
Mais en communauté, il nous faut re-naître avec lui d’abord dans l’exercice de la charité.
Connaître le Christ c’est d’abord le servir dans nos sœurs et nos frères et particulièrement les plus pauvres.
Il nous faut re-naître avec lui dans la vie catéchétique.
En annonçant le Christ mort et ressuscité, en partageant et en priant ensemble, nous connaissons toujours plus profondément le Christ Jésus et son mystère de vie augmentera encore ce désir de connaissance.
Il nous faut re-naître avec lui dans la liturgie. Prier en communauté, vivre des sacrements et particulièrement la messe du dimanche, nous offre cette formidable expérience de connaître le Christ, au travers de l’Écriture, par le pain et vin consacrés, par la communauté composée de sœurs et de frères qui me sont donnés et qui sont signes de la connaissance du Christ.
En connaissant de plus en plus profondément le Christ alors de plus en plus profondément nous connaîtrons notre humanité.
En connaissant le Christ, nous découvrirons toujours plus profondément son regard aimant pour toute femme et tout homme, un regard plein d’Esprit-Saint, plein de vie.
Ne tombons pas dans cet aphorisme d’Oscar Wilde : « Les gens, aujourd'hui, connaissent le prix de tout et la valeur de rien. » Citation de Oscar Wilde ; Aphorismes (1854-1900)
Apprenons à connaître la valeur de toute femme et de tout homme, alors nous apprendrons à connaître le Christ, à naître avec lui dans le dynamisme de l’Esprit-Saint pour connaître les femmes et les hommes de notre temps, pour les re connaître sœurs et frères, filles et fils d’un même Père.

Malijai

Chateau Arnoux

Les Mées

St Auban

Peyruis

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Lurs

L'Escale

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