jeudi, 08 décembre 2016
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Homélies

Homélie 2ème dim. Avent, année A, 2016

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  • Publié le dimanche 4 décembre 2016 18:38
  • Écrit par Stephane LIGIER
  • 04 Déc

2e dimanche de l’Avent022B
Première Lecture : Isaïe 11.1–10
Psaume : Psaume 72.2, 7–8, 12–13, 17
Deuxième Lecture : Romains 15.4–9
Évangile : Matthieu 3.1–12

A la fois prophètes, à la fois parole

Jean-Baptiste est vraiment l’image du prophète type, il n’a peur de rien ni de personne.
Non pas qu’il soit plus courageux qu’un autre ou inconscient mais, comme tout prophète, il annonce la parole de Dieu.
Il n’annonce pas sa parole, ses propres émotions ou ses propres idées pour un quelconque pouvoir personnel, il n’énonce pas un programme politique, il ne cherche pas à plaire ou à séduire.
Il est simplement investi d’une mission qu’un autre lui a confiée : annoncer la parole de Dieu, ni plus ni moins.
Il en paiera le prix fort puisqu’il donnera sa vie pour cette parole.
Il n’est pas le seul, plusieurs prophètes de l’ancien testament mourront avant lui pour cette parole.
Jean Baptiste annonce donc la parole et nous disons dans la foi que cette parole a désormais un visage, un corps, c’est le Christ-Jésus. Jean est la voix qui crie même dans le désert,
Jésus est la parole lancée même dans les déserts de nos vies.
Cette parole de Dieu, le fils du Père sera mis à mort, sur la croix car elle était trop assourdissante, trop insupportable.
Mais cette parole n’a pas pu rester emprisonnée de la mort, cette parole n’est restée muette que pendant trois jours.
Cette parole est venue jusqu’à nous transmise de bouche à oreille mais surtout de cœur à cœur.
Nous célébrons la naissance de cette parole vivante chaque année à Noël, chaque dimanche nous mangeons cette parole sous l’espèce du pain, nous nous en désaltérons sous l’espèce du vin, nous l’entendons sous l’espèce des passage bibliques, nous la touchons sous l’espèce de la communauté.
Mais quelle est la vocation et la mission de cette parole ?
Isaïe nous en a donné le contenu dans la première lecture.
Cette parole faite chaire en Jésus-Christ est tout entière baignée d’Esprit-Saint, de cet esprit de sagesse, de discernement, de conseil, de force, de connaissance et de crainte du Seigneur, il ne jugera pas sur l’apparence ; ne se prononcera pas sur des rumeurs.
Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays.
Le Christ Jésus, la parole, a comme unique référence, unique point de départ le plus faible et le plus fragile, le plus pauvre, celles et ceux qui n’ont pas de pouvoir, qui ne peuvent écraser les autres à l’inverse de cette engeance de vipères de sadducéens et de pharisiens, notables religieux de l’époque.
Par le baptême nous sommes nous aussi, prophètes à l’image de Jean.
Nous sommes appelés à proclamer la parole et à en témoigner par notre vie.
Nous sommes immergés disciples-missionnaires, à la fois disciples de cette parole, du Christ vivant et missionnaires pour ne pas la garder pour nous bien au chaud mais pour la donner librement à toute femme et à tout homme.
Nous sommes par le baptême, prophètes et par la confirmation nous sommes autres christs, nous aussi nous recevons cet Esprit de sagesse, de force, de discernement, de conseil, de connaissance et de crainte du Seigneur. A l’image du Christ-Jésus, nous avons reçu l’onction, pour être parole à notre tour où nos sœurs et nos frères sont en priorité les plus pauvres, les plus fragiles.
Sœurs et frères, le Père nous transfigure en ce temps de l’Avent, à l’image de Jean, en prophètes pour annoncer la parole à toute femme et à tout homme.
Le Père nous transfigure en ce temps de l’Avent, à l’image du Christ vivant, en autres-christs pour être parole et devenir de plus en plus profondément filles et fils de Dieu, sœurs et frères de plus pauvre.
En communauté paroissiale, nous pourrions sûrement nous inspirer de ce paragraphe de la joie de l’évangile du pape François :
" Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus-Christ.
Je répète ici pour toute l’Église ce que j’ai dit de nombreuses fois aux prêtres et laïcs de Buenos Aires : je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités.
Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures.
Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus-Christ, sans une communauté de foi qui les accueille,
sans un horizon de sens et de vie.
Plus que la peur de se tromper j’espère que nous anime la peur de nous renfermer dans les structures qui nous donnent une fausse protection, dans les normes qui nous transforment en juges implacables, dans les habitudes où nous nous sentons tranquilles, alors que, dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mc 6, 37). » (Pape François, la joie de l’Evangile n°49)
Soyons en communauté paroissiale, cri dans le désert et parole d’amour partagée et donnée.

Homélie 1er dim Avent, année A, 2016

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  • Publié le mercredi 30 novembre 2016 23:30
  • Écrit par Stephane LIGIER
  • 30 Nov

1er dimanche de l’Avent194C
Première Lecture : Isaïe 2.1–5
Psaume : Psaume 122.1–9
Deuxième Lecture : Romains 13.11–14
Évangile : Matthieu 24.37–44

Séparation ou fusion il faut choisir!

Il y a un mot qui bien souvent nous glace le sang, c’est le mot séparation.
Les uns et les autres nous avons vécu des séparations.
La séparation dans le couple, la séparation affective avec un membre de la famille, la séparation géographique avec un ami, la séparation terrible lors de la mort.
Nous connaissons tous cette terrible épreuve de la séparation.
Étrangement, Dieu a créé en séparant, le ciel de la terre, la nuit du jour, la femme de l’homme.
L’évangile nous propose plusieurs séparations.
Séparation entre Noé et les gens qui ne s’en préoccupaient pas et continuaient à manger et à boire, à se marier.
Séparation de ces deux hommes aux champs et de ces deux femmes en train de moudre, séparation en lui-même pour le maître de maison : il y a en lui l’avant et l’après cambriolage.
Mais séparation aussi dans la lettre aux Romains entre le sommeil et l’éveil, entre les ténèbres et la lumière, entre une conduite honnête et les orgies, les beuveries, la luxure, les débauches, la rivalité et la jalousie, entre revêtir le Christ et rester une femme ou un homme du monde.
En ce moment même, nous vivons des séparations, peut-être à la maison nous attendent notre épouse, notre époux, nos enfants, nos parents qui n’ont pas voulu ou pu venir à cette messe.
La séparation est bien souvent synonyme de perte, de mort, la séparation est l’un des beaux signes de notre fragilité.
La séparation est aussi synonyme de chasteté. La chasteté peut se traduire par couper.
La chasteté invite donc à la séparation, nous rappelle sans cesse que l’autre ne m’appartient pas, que je ne peux pas le détenir comme un objet de collection que je conserve en vitrine.
La séparation ou la chasteté sont donc dynamiques, Christian Bobin l’exprime ainsi : « Chaque séparation nous donne une vue de plus en plus ample et éblouie de la vie. Les arrachements nous lavent. Tout se passe, dans cette vie, comme s’il nous fallait avaler l’océan. Comme si périodiquement nous étions remis à neuf par ce qui nous rappelle de ne pas nous installer, de ne pas nous habituer. La vie a deux visages : un émerveillant et un terrible. Quand vous avez vu le visage terrible, le visage émerveillant se tourne vers vous comme un soleil. » (Entretien avec Christian Bobin extrait du numéro spécial de La Vie : "Vivre le deuil" - Christian Bobin)
Vous comprenez donc que la chasteté n’est pas l’apanage des moines, des prêtres et des religieuses mais bien le chemin incontournable pour tous baptisés confirmés.
Pour quelle raison cette séparation, cette chasteté doivent-elles s’inscrire en chacune et chacun d’entre nous ?
Ces séparations qui évitent la fusion, qui ouvrent justement à l’altérité, à l’autre comme tout autre nous préparent à la communion.
Ces séparations, ce mouvement dynamique de la chasteté nous entraîne à la veille, à l’attente de la pleine communion dans le Royaume.
Et comme le dit Philippe Bartherotte : « La vie est une succession de séparations qui se termine par une grande réunion. » (Sugar Baby - Philippe Bartherotte)
Cette réunion dans la communion nous est décrite dans cette superbe vision d’Isaïe : « Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux…/… De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre. » Is 2
L’Avent, cette belle préparation à Noël, nous invite à nous séparer du vieil homme qui sans cesse essaie de ressurgir en nous. Ce vieil homme si mondain, qui a peur de tout même de son ombre, qui cherche sans cesse à écraser les autres et particulièrement les plus faibles, ce vieil homme qui veut tout fusionner pour créer à sa propre image, qui cherche à rendre esclave de ses idées, de ses discours, ce vieil homme qui ne supporte pas l’étranger, la différence, dont la souffrance de l’autre l’indiffère, ce vieil homme si enfermé sur lui-même que jamais il ne pourra accueillir l’autre, le Christ vivant.
L’Avent, cette belle préparation à Noël, nous invite à recevoir le Christ, à nous vêtir du Christ, à vivre de sa chasteté pour accueillir sa communion afin d’entrer enveloppés d’Esprit-Saint dans la communion des saints où nous pourrons vivre pleinement dans une humanité réconciliée, où tout péché, toute mort, toute souffrance auront définitivement disparue
et où notre vie ne sera que don aux autres, alors vraiment notre habit de baptême sera le Christ lui-même et nous serons pleinement filles et fils de Dieu, sœurs et frères les uns des autres.

Homélie Christ-Roi, 2016, année C

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  • Publié le mardi 22 novembre 2016 15:49
  • Écrit par Stephane LIGIER
  • 22 Nov

054C

Christ Roi
Première Lecture : 2·Samuel 5.1–3
Psaume : Psaume 122.1–5
Deuxième Lecture : Colossiens 1.12–20
Évangile : Luc 23.35–43

Une Eglise pauvre pour les pauvres

Aujourd’hui nous célébrons trois réalités profondes de notre foi.
Sur le plan liturgique, nous terminons l’année par cette fête du Christ-Roi.
Sur le plan de la catéchèse nous clôturons l’année jubilaire de la miséricorde.
Et sur le plan de la charité, nous soufflons les 70 bougies d’existence du Secours-Catholique.
Notre communauté paroissiale ne peut être vivante qu’en vivant la liturgie, la catéchèse et la charité.
En fait notre vie chrétienne personnelle ne peut être vivante qu’ancrée dans la liturgie, la catéchèse et la charité.
Nous venons d’entendre le cœur de la foi.
Un homme meurt sur une croix au cœur de la souffrance humaine, entre deux autres hommes accusés et condamnés au même supplice. Le cœur de la foi chrétienne se résume en cette scène affreuse où tout semble se terminer pour Jésus.
Nous lui donnons le titre de roi aujourd’hui, en ce dernier dimanche de l’année liturgique.
Un roi dont le trône est la croix, la couronne d’épines, pour lequel il faut un écriteau pour le qualifier.
Quel est ce roi que nous célébrons ?
C’est un roi qui prend corps en notre humanité pour donner la vie à tout homme et à toute femme dans le monde de la résurrection. Voilà ce que nous célébrons au cœur de la liturgie et particulièrement tous les dimanches : le Christ prend corps pour que nous prenions corps en sa résurrection.
Mais ce corps est celui de la miséricorde. Cette année jubilaire nous a permis d’approfondir, de méditer, de vivre une catéchèse autour de la miséricorde.
Le corps du Christ sur la croix est miséricorde, le corps du Christ qu’est l’Eglise doit être miséricorde.
Cette miséricorde de Dieu qui le qualifie comme Père, dont les entrailles sont sans cesse remuées jusqu’à donner sa vie
par le corps du Fils dans le souffle de l’Esprit.
Une catéchèse profonde à propos de la miséricorde relayée par de superbes textes du pape François, de nos évêques,
de certains spécialistes de la Bible ou de la théologie mais surtout une catéchèse vivante portée par des communautés, des personnes engagées dans les diverses activités de la paroisse, une catéchèse vivante car vécue par chacune et chacun d’entre nous.
Mais cette catéchèse de la miséricorde prend corps dans nos pauvretés et par la rencontre du plus pauvre.
Il n’y a pas d’Église vivante sans la charité, il n’y a pas de secteur paroissial vivant sans la charité et il n’y a pas de chrétien vivant sans la charité.
La charité c’est l’évangile que nous venons de lire : le Christ qui se donne à toute femme et à tout homme.
C’est la vocation du secours-catholique depuis 70 ans : rappeler à toute l’Église que la charité, l’amour donné au plus pauvre est l’essence même de la vie de l’Église.
Le pauvre est le paradigme de cette vie, nous ne pouvons pas vivre une liturgie du Christ, une catéchèse du Christ sans d’abord penser au plus pauvre.
Je regardais il y a quelques jours un beau reportage sur France3 lors du journal régional à propos du Secours-Catholique du Var.
Les témoignages étaient poignants et magnifiques et disaient l’urgence et l’accompagnement formidable des bénévoles et salariés du Secours-Catholique.
Et j’ai été stupéfié que le reportage suivant nous parle sans sourciller de la vente de la truffe dans notre région.
Un champignon dont le cours en ce moment est entre 300 et 500 euros le kg voir plus.
Je n’ai rien contre les amateurs de truffes ni contre les producteurs mais il me semble que cette indélicatesse d’organisation de programmes nous révèle bien le fonctionnement actuel de notre société.
Cette idée du zapping où nous pouvons mettre tout sur le même plan, s’émouvoir un instant sur des situations dramatiques, en ce moment neuf millions de pauvres en France dont trois millions d’enfants et se réjouir quelques secondes plus tard de pouvoir aller se promener sur l’un ou l’autre des marchés pour se procurer quelques grammes d’un champignon vendu à prix d’or.
Ce que je critique ici c’est la notion de zapping car dans l’Église nous ne pouvons pas zapper de l’accueil d’un pauvre
à la messe ou à une formation biblique.
Si la rencontre du plus pauvre ne transforme pas notre manière d’être à la messe ou notre manière de lire la Bible ou de recevoir la théologie alors nous ne sommes pas des chrétiens vivants.
Il en va de même dans notre secteur paroissial, nous proposons de belles liturgies, de bonnes formations, de la catéchèse de qualité pour enfants, jeunes et adultes mais si nous ne sommes pas ancrés d’abord dans la charité envers le plus pauvre, alors nous ne sommes pas une communauté paroissiale vivante.
J’en profite pour remercier vivement les bénévoles engagés depuis plusieurs mois ou années pour redonner souffle à l’équipe locale du Secours-Catholique.
Mais comme l’Église est une communion de communions, l’équipe locale n’aurait pas pu se remettre en route sans l’aide du Secours sur le plan du territoire. Merci donc à l’équipe d’animation territoriale de son soutien.
Je termine cette homélie par un passage de l’homélie du pape François lors du jubilé des personnes exclues socialement célébré dimanche dernier : « ouvrons nos yeux sur le prochain, surtout sur le frère oublié et exclu, sur le « Lazare » qui gît devant notre porte. Sur eux pointe la loupe d’agrandissement de l’Église. Que le Seigneur nous libère du fait de diriger cette loupe vers nous-mêmes. Qu’il nous détache des oripeaux qui distraient, des intérêts et des privilèges, de l’attachement au pouvoir et à la gloire, de la séduction de l’esprit du monde. Notre Mère l’Église regarde « en particulier cette partie de l’humanité qui souffre et pleure, car elle sait que ces personnes lui appartiennent par droit évangélique » (Paul VI, Allocution inaugurale de la 2ème Session du Concile Vatican II, 29 septembre 1963).
Par droit et aussi par devoir évangélique, car c’est notre tâche de prendre soin de la vraie richesse que sont les pauvres. »

(JUBILÉ DES PERSONNES SOCIALEMENT EXCLUES, HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS, Basilique Vaticane, Dimanche, 13 novembre 2016)

 Sœurs et frères passons maintenant au concret en entendant plusieurs témoignages de personnes accompagnées dans le secteur des4rives par l’équipe locale du Secours-Catholique. 


Je vis seule avec une petite retraite. J’ai eu à faire face à des dépenses importantes : une facture de gaz élevée, des soins vétérinaires pour mon chien qui avait été accidenté. Le Secours-Catholique m’a permis de surmonter cette période difficile en intervenant auprès de la clinique vétérinaire et le fournisseur de gaz pour obtenir un étalement des paiements. Néanmoins je n’ai pas pu payer toutes ces sommes et je me suis retrouvée sans ressource. Le Secours-Catholique m’a permis de surmonter cette période difficile.


Nous sommes des immigrés en situation irrégulière et attendons la réponse à une demande d’asile en France. Nous avons trois enfants et nous rencontrons bien sûr beaucoup de difficultés. Nous remercions les divers organismes de l’état français en particulier pour le logement et les diverses associations qui nous ont aidés et leSecours-Catholique pour son aide alimentaire.


Je suis handicapé, ma femme travaille à mi-temps, nous avons trois enfants. Malgré des aides diverses que nous touchons les difficultés sont nombreuses :ma voiture est en panne et en attendant de pouvoir la faire réparer, je dois tout faire à vélo en particulier pour essayer de trouver un job. Souvent on perd espoir. Nous avons rencontré au Secours-Catholique un accueil chaleureux et compréhensif.


Je suis un papa qui élève seul mes deux enfants. J’ai pu les envoyer en colonie de vacances de Joie-et-Soleil grâce au service Enfance-Famille du Secours-Catholique. Malgré mes ennuis de santé et mes difficultés financières, j’ai pu assumer la participation financière qui restait à ma charge.
À la fin du séjour les enfants ont fait cette réflexion : « Papa pourquoi on ne peut pas rester au 2eme stage ». C’est la preuve que le séjour leur a été bénéfique et que des amitiés se sont créées entre copains.

Homélie 32ème dim. TO année C, 2016

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  • Publié le lundi 7 novembre 2016 09:25
  • Écrit par Stephane LIGIER
  • 07 Nov

32e dimanche ordinaire
Première Lecture : 2·Maccabées 7.1–14132E
Psaume : Psaume 17.1, 5–6, 8, 15
Deuxième Lecture : 2·Thessaloniciens 2.16—3.5
Évangile : Luc 20.27–38

Fraternelle résurrection ou resurrection de fraternités

Savez-vous que la notion de sacrement à caractère a été inventée par saint Augustin ?
Peut-être n’avez-vous jamais entendu cette expression : sacrement à caractère ?
Cela ne signifie pas qu’un sacrement a plus de personnalité que les autres !
À l’époque d’Augustin, les militaires se faisaient tatouer sur le bras le blason de leur régiment.
Augustin explique donc que si un soldat passe à l’ennemi, il ne peut pas enlever ce tatouage, il appartient toujours même contre sa volonté à son premier régiment.
Augustin explique que le baptême chrétien est du même ordre, on ne peut pas l’enlever même si une autre communauté rebaptise.
C’était le cas à son époque avec les donatistes.
Nous avons gardé cette notion théologique, le baptême, la confirmation, le sacrement de l’ordre sont des sacrements à caractères qui ne disparaissent même pas après la mort.
Lorsque l’on demande à une personne veuve si le mariage est un sacrement pour la vie éternelle, souvent elle répond oui alors que ce n’est pas le cas.
C'est pourquoi il est possible de se remarier à l’Église lors d’un veuvage.
Pour quelle raison le mariage n’est-il pas un sacrement à caractère ?
Il me semble que le Christ nous donne un élément de réponse dans cet évangile.
Jésus se trouve confronté à la seule communauté juive qui ne croit pas en la résurrection et qui n’accueille que les cinq premiers livres de la Bible, la Torah.
C’est une communauté qui est restée fidèle à la foi du judaïsme premier où seul Dieu est vivant et ne meurt jamais.
Les humains une fois morts disparaissent totalement et ne peuvent se perpétuer que dans la mémoire biologique et la fertilité humaine.
Dans l’exemple qu’ils donnent cette femme est morte de toute façon puisque visiblement stérile et sa mémoire disparaitra irrémédiablement.
Le stratagème des sadducéens est donc double : piéger Jésus à propos de la vie éternelle et sur sa connaissance des Ecritures.
En effet la théologie de la résurrection est explicite dans les textes les plus récents de la Bible, telle que la première lecture que nous venons d’entendre et non dans la Torah. Ces cinq premiers livres comptent parmi les plus anciens mais Jésus bloque les sadducéens non pas en affirmant sa propre théologie ni sa propre vision du Royaume
mais en révélant l’un des mystères de la résurrection. 

Jésus nous dévoile que Dieu est le Dieu des vivants. Dieu n’est pas celui des morts mais des vivants. 

Dieu est tellement vivant qu’il donne la vie même au-delà de l’apparence de la mort humaine et son fils a ouvert le chemin de manière définitive.
Dieu est tellement vivant qu’il donne sa vie au-delà de la fertilité humaine.
Dieu désire tellement la vie qu’il la donne en surabondance à toute femme et à tout homme même celles et ceux qui n’ont pas pu ou désiré donner la vie pour perpétuer leur mémoire.
Ainsi le monde de la résurrection n’est pas une affaire de fertilité biologique mais une histoire sacrée de fraternité.
La fine pointe de la réflexion du Christ est donc d’accueillir une fraternité vivante.
Le Royaume est la fraternité.
J’en reviens au sacrement à caractère. Le mariage ne l’est pas car un couple dans le Royaume se retrouvera sœur et frère sans défaire bien entendu les liens d’amours si forts tissés.
Mais ce Royaume de fraternité le sera aussi pour les enfants et leurs parents, pour les employés et leur patron, pour les plus pauvres et les plus riches, pour les femmes et les hommes.
Ainsi nos liens terrestres ne seront pas détruits mais transfigurés en fraternité vivante libérée de nos manques d’amours, de nos frontières érigées par nos peurs, de nos sentiments de toute puissance qui veulent écraser, de nos péchés si pesants qui défigurent trop souvent l’autre.
Lorsque des parents font baptiser leur bébé, ils affirment que leur bébé est révélé leur sœur ou leur frère, ce bébé est révélé sœur ou frère de l’ensemble de l’humanité.
En affirmant la résurrection, nous croyons que ce Royaume de fraternité est déjà à l’œuvre dans notre communauté paroissiale.
Nous sommes appelés aujourd’hui et maintenant à témoigner de cette fraternité de la résurrection, de cette fraternité vivante signe du Royaume.
Sœurs et frères, témoignons de la résurrection, bien simplement en vivant cette fraternité, en famille, dans nos engagements associatifs, au sein de notre profession, dans notre secteur paroissial mais aussi, et c’est plus difficile dans nos paroles, dans nos pensées, nos actes, nos écrits sur internet, nos choix politiques.
Alors sûrement nous entendrons saint Paul nous dire : "Frères,
que notre Seigneur Jésus Christ lui-même,
et Dieu notre Père qui nous a aimés
et nous a pour toujours donné réconfort et bonne espérance par sa grâce,
réconfortent vos cœurs
et les affermissent en tout ce que vous pouvez faire et dire de bien."

Homélie 31ème dim. TO, année C, 2016

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  • Publié le lundi 31 octobre 2016 19:00
  • Écrit par Stephane LIGIER
  • 31 Oct

31e dimanche ordinaire115B
Première Lecture : Sagesse 11.22—12.2
Psaume : Psaume 145.1–2, 8–11, 13–14
Deuxième Lecture : 2·Thessaloniciens 1.11—2.2
Évangile : Luc 19.1–10

Zaché, le sycomore, Jéricho, détestables??

Au risque de décevoir celles et ceux qui ont de très bons souvenirs du catéchisme et de cette histoire de Zachée, ce petit chef de publicain est un homme détestable !
D’abord sa profession, il est publicain.
A l’époque de Jésus ce travail est abominable.
En effet les juifs étaient sous l’occupation romaine, ces étrangers occupaient la terre sainte,
la terre donnée par Dieu.
Ces païens de romains décidaient de tout. Ils employaient donc des juifs pour collecter l’impôt afin de financer l’Empire.
Les romains avaient inventé un système ingénieux, ils demandaient une taxe fixe et le collecteur d’impôt, le publicain juif se payait en demandant une somme supérieure à la taxe fixée.
Non seulement le publicain était donc à la solde de l’oppresseur romain mais en plus il se payait sur ce prélèvement.
Donc Zachée est publicain, bien pire, il est chef des publicains de Jéricho.
Luc nous donne un indice de la partie prélevée pour lui-même.
Zachée propose de rembourser quatre fois plus, il s’agit sûrement de la proportion qu’il récupérait pour se payer sur le fixe exigé par les romains.
Luc nous révèle qu’il est petit de taille.
Il s’agit d’un petit chef, riche qui devait être craint, jalousé, sûrement détesté.
Il est probable que certains habitants espéraient le voir mort ou même le tuer.
La foule n’a aucune envie de lui laisser un peu de place pour accéder à Jésus, elle tient même sa revanche sur lui.
Il est petit, collabore avec les romains, il n’a qu’à rester chez lui avec ses richesses entassées et volées à ses sœurs et frères juifs.
Mais dans ce texte il n’y a pas que Zachée qui est détestable, Jéricho l’est aussi.
C’est une ville très mal vue dans la Bible, elle est la plus basse du monde, plus de 200 mètres en dessous du niveau de la mer, il y fait une chaleur accablante mais elle est très proche de la ville sainte par excellence : Jérusalem qui surplombe le niveau de la mer de plus de 700 mètres.
Enfin le sycomore est aussi un arbre détestable souvent comparé au cèdre si majestueux, le sycomore vient d’Égypte, pays détesté par Israël, c’est un arbre ordinaire, sans forme véritable, avec des fruits qui tâchent, en tout cas à l’opposé de la belle et haute silhouette du cèdre.
Bref, voilà un tableau navrant : Zachée, homme détestable, Jéricho : ville détestable, le sycomore : arbre détestable.
Alors que vient faire Jésus en un tel endroit, pourquoi le Christ vient-il se corrompre en un tel lieu avec une telle personne ?
Pardonnez-moi de faire de la grammaire dans une homélie mais malheureusement à l’oral en français nous ne pouvons pas bien entendre le poids de cette phrase : « En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Le pronom démonstratif utilisé ici ne remplace pas celles et ceux, les femmes et les hommes seulement mais remplace l’ensemble de l’univers, tout ce qu’il contient.
Le Christ est venu en un lieu si détestable pour sauver Zachée mais aussi Jéricho et le sycomore.
Le Christ est sans cesse à la recherche de la brebis perdue, ici Zachée mais aussi en chacune et chacun d’entre nous, là où traîne un sycomore, rabougri, peu élégant, que l’on voudrait bien cacher, là où se trouve une ville entière tel que Jéricho dont nous ne voudrions plus entendre parler, dont nous avons fermé les portes, éteint toutes les lumières, l’une de ces villes en nous qui est bien en dessous du niveau de la mer, dont nous avons honte qui est symbole pour nous de mort,
une de ces villes qui n’acceptent pas Dieu dans notre vie.
Le salut du Christ est pour Zachée, le sycomore, Jéricho, ce salut est pour chacune et chacun d’entre nous car le Christ s’invite en nous non pas pour changer Zachée en grand homme juif et pieux, ou le sycomore en cèdre ou encore Jéricho en Jérusalem mais pour nous transfigurer, nous convertir, alors en nous Zachée deviendra un homme aimable, ouvert au plus pauvre,
le sycomore en nous sera transfiguré en bel arbre unique se sachant aimé de Dieu, Jéricho sera transfigurée en ville ouverte, attirante où chacune et chacun pourra y trouver paix et repos, où le plus fragile y sera accueilli.
Laissons le Christ transfigurer en nous le Zachée, le sycomore, la Jéricho alors ce qui est détestable en nous sera transfiguré en sainteté pour entendre « En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Malijai

Chateau Arnoux

Les Mées

St Auban

Peyruis

Volonne

Lurs

L'Escale

Dabisse

Montfort