Edito

Chers amis ! Le 09 septembre dernier, nous avons vécu ensemble la belle célébration par laquelle notre Père-Evêque  Mgr Jean Philippe NAULT, nous a donné, Jean Sébastien et moi,  à l’Eglise de ce magnifique et dynamique secteur paroissial comme prêtres. Nous voulons remercier tous ceux et celles qui ont pris part à cette eucharistie ; tous ceux et celles qui ont œuvré pour qu’elle soit belle ; ceux et celles qui ont accepté de partager de leur pain pour faire durer la fête ; et tous ceux et celles qui n’ont pas pu être présents mais qui, depuis lors, nous manifestent leur attachement.

édito bulletin paroissial septembre 2018

Pendant 9 ans pour certains et trois pour d’autres, vous avez tissé avec Stéphane et Norbert des liens fraternels de confiance, d’amitié et d’estime mutuelle : en somme, un très grand attachement. Aujourd’hui ils sont appelés à quitter ce cadre et à avancer au large dans la vigne du Seigneur. Il en est toujours ainsi dans la vie. C’est aussi vrai dans la vie de l’Eglise. Ce n’est pas sans peine que vous les laissez partir. Mais ce que vous avez tissé et bâti ensemble ne saurait disparaitre. Me vient à l’esprit une pensée de Bouddha qui colle à pareille situation pour nous aider à avancer nous aussi : « Accepte ce qui est : laisse aller ce qui était et aie confiance en ce qui sera ».  En votre nom et en mon nom propre, tous ensemble, nous leur disons merci pour tout ce qu’ils ont mis en route ; leur dévouement admirable et pour tout ce qui a été vécu avec eux de bien et de beau. Personne et rien ne nous interdit de recourir à eux à tout moment pour continuer dans la même veine et la même foi ce qui a été initié. Par la volonté de notre Père-Evêque, nous nous retrouvons engagés, Jean Sébastien et moi dans une mission qui nous dépasse à vue humaine. Il est certes vrai que mes liens avec le diocèse de Digne que j’ai appris à connaître (certes en partie) et aimer profondément remontent à plus d’une dizaine d’années, 

mais je me rends bien compte que nous avons tout à apprendre de la culture, des traditions et de toutes ces petites choses qui font que cette belle terre de Provence soit unique et particulièrement attachante.  Et nous voulons pouvoir compter sur vous pour combler ce vide. J’ai la conviction que c’est possible avec le temps, mais surtout avec votre concours.

La mission que nous acceptons de tout cœur se situe dans la continuité de l’œuvre entreprise avec vous par nos devanciers; des plus immédiats aux plus éloignés dans le temps : Stéphane et Norbert, pères Maurice et Pierre-Jean, ainsi que tous les autres que nous ne saurions oublier. Ma gratitude à ceux qui œuvrent encore. Et mes ferventes prières pour ceux qui sont retournés à Dieu.

La nouveauté tout autant que le poids des responsabilités que nous embrassons sont de nature à faire peur. En parcourant la portion de texte de l’Evangile de Matthieu proposée à notre méditation au premier jour de ce mois ; dans laquelle Jésus aborde la problématique de la gestion des talents (25, 14-30) la peur du troisième serviteur et les conséquences qui en résultent ; enfouissement des talents, manque de confiance, refus de contribuer à la joie du prochain, illusion d’être dans son droit, travestissement de la réalité et enfin déchéance, m’ont rappelé le danger qu’il y a de céder à ce sentiment. Par conséquent nous vous lançons cet appel : « n’ayez pas peur ! » Il n y a aucune raison pour cela !

Dans l’Eglise, il n y a pas d’autorité qui ne soit service. Nous voulons être au milieu de vous, des serviteurs de votre foi ; serviteurs de votre joie de baptisés et de témoins du Christ Jésus ! Nos mains sont tendues pour façonner avec vous une chaine d’amitié, de confiance, de foi et avancer solidairement sur le chemin qui mène au Christ ; chemin que nous avons à prendre et parcourir ensemble. Nous avons grande confiance en vous. Nous comptons sur vous ; sur vos prières ; sur votre aide et votre soutien pour mieux vous servir ; car c’est cela notre part au milieu de vous : SERVIR. « Il n’y a pas d’étrangers ici : seuls des amis que tu n’as pas encore rencontrés », disait William Butler. Soyez assurés de toute notre affection et tout notre dévouement.

Nous implorons votre bienveillance à l’endroit des pauvres serviteurs que nous sommes afin que la mission que nous acceptons de grand cœur et dans un esprit de profonde humilité, au milieu de vous serve au salut et à la joie de tous. Priez pour nous ! Prions les uns pour les autres, « pour que le Seigneur nous porte et que nous apprenions à nous porter les uns les autres. ».

Votre humble serviteur, François Xavier.

édito bulletin paroissial juin 2018

Ce qui est donné est vivant

                  Notre vocation est de nous donner, non pas pour nous faire du bien mais pour tenter d’emprunter le chemin du Christ qui s’est donné totalement, passionnément à l’humanité, car seul ce qui est donné est vivant. Ainsi le Père se donne à son Fils comme le Fils se donne à son Père dans ce mouvement formidable du Saint-Esprit.

Notre manière d’avancer en Eglise est du même ordre. Un prêtre est donné à une communauté et la communauté se donne à ce prêtre. Ce qui est donné l’est, et reprendre c’est voler, disent facilement les enfants. Ce que nous nous sommes donnés, nul ne pourra nous le ravir.

J’ai été donné au secteur des4Rives depuis 2009 et en m’accueillant la communauté s’est donnée. En septembre je serai donné au secteur paroissial de Riez et cette communauté devra peu à peu me recevoir car elle se donnera petit-à-petit. Et vous aurez à recevoir deux nouveaux prêtres qui eux aussi entreront dans cette démarche du don.

Les uns et les autres, nous sommes appelés à entrer dans ce mystère du don pour nous dégager peu à peu de ces sentiments de possession, de propriété, de ce goût parfois immodéré de prendre ou de négocier pour posséder, que ce soit dans nos familles, dans un couple, entre amis, dans nos professions, nos activités diverses et forcément en Eglise.

En rédigeant ce texte, je pense particulièrement à Norbert et plusieurs autres prêtres, religieuses, religieux, laïcs dans notre diocèse qui ont quitté leur culture, leur famille, leurs amis pour se donner et annoncer avec nous l’Evangile.

L’Evangile nous appelle sans cesse à nous donner et il me semble très important, vital même que l’Eglise en montre le chemin. Entrer dans ce dynamisme du don, c’est nous permettre de vivre, de prendre le risque d’une vie irriguée par l’Esprit et enrichie de tout ce que nous avons vécu ensemble.

L’Eglise est un corps vivant, et je crois avoir été appelé à être prêtre par la médiation de ce corps ecclésial, avoir été appelé ici dans le secteur comme curé par la médiation de ce corps diocésain et donc je suis appelé aujourd’hui à accompagner une autre communauté, de nouveau grâce et par la médiation du corps ecclésial.

Il n’y a pas d’Eglise sans communauté, sans corps vivant; j’en suis membre par le baptême et la confirmation et je suis ordonné pour le service de ce corps.

J’ai été profondément heureux de servir cette communauté vivante des4Rives; vous m’avez donné beaucoup pour peu à peu discerner ce que signifie être baptisé, être prêtre, être chrétien, simplement être aussi humain.

J’ai conscience que mon look, mes attitudes, mes paroles, mon histoire personnelle, familiale et ecclésiale disent énormément de moi, mais sûrement que tout cela dit énormément de l’Eglise qui m’a appelée à être prêtre dans le diocèse et dit aussi beaucoup de notre secteur. J’ai eu la chance dans ma vie de faire de si belles rencontres, dont je n’ai pas toujours mesuré la richesse, mais je sais que ce fut le cas durant ces neuf années, ici. Comment pourrais-je alors ne pas y discerner l’amour passionné du Père et du Fils dynamisé par l’Esprit-Saint? Amour passionné qui nous accompagne les uns et les autres, qui fait de nous un corps, parfois malade, souvent fragile, mais aussi un corps aimant, capable d’espérance, de joie profonde, de communion, de solidarité et d’amour partagé.

S.L

édito bulletin paroissial juillet 2018

« La route n'enseigne pas au voyageur ce qui l'attend à destination. Cependant, ne pas savoir ce que la journée nous réserve ne nous empêche pas de nous lever le matin. » (sagesse africaine).

Il y a déjà trois bonnes années que la providence nous a embarqué dans un même train de voyage pour une aventure extraordinaire au cours de laquelle nous avons noué ensemble des relations merveilleuses, passé des moments inoubliables et traversé des épreuves pénibles.

Toutes ces situations nous ont permis de mieux nous connaître, nous apprécier mutuellement et renforcer notre vivre ensemble. Voilà que le temps a passé ! Que le temps passe vite ! A peine le temps de faire plus amples connaissances que cette nouvelle bouleversante vient chambouler nos projections, troubler notre vision et anéantir nos projets.

La vie faut-il nous le redire est un perpétuel recommencement sans fin avec des rebondissements inattendus.

Dans un contexte de pénurie de prêtre, il est nécessaire d'accepter, non par contrainte, mais par amour du christ, quelque soit le désagrément, les mutations indispensables pour répondre à l'appel de la mission évangélique.

Dans le deuxième évangile, saint Marc rapporte ces belles paroles de Jésus:« Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que j'y prêche aussi, car c'est pour cela que je suis sorti »(Mc 1,38).L'annonce de l'Evangile est devenue l'une des tâches les plus urgentes de l'Église à l'heure actuelle. L'urgence est à la découverte du christianisme à frais nouveaux. Chaque matin, c'est un nouveau jour de mission que le Seigneur nous donne, «mettons aux pieds les chaussures du zèle pour propager l'Evangile de la paix» (Ep6,15).

Pour le pape François «Chaque baptisé quelque soit sa fonction dans l'Église et le niveau d'instruction de sa foi, est un sujet de l'Evangélisation» et «tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l'amour de Dieu en Jésus Christ »(EG 120).

Chers Bien-aimés de Dieu, le devoir m'appelle à aller ailleurs continuer ma mission d'évangélisation dans un secteur qui m'est totalement inconnu. Là il va falloir tout recommencer, réapprendre à vivre et à travailler au milieu d'autres fidèles avec leurs mœurs bien à eux, leurs habitudes, leurs attentes et leurs exigences dans un nouveau contexte. Et j'y vais avec la seule arme dont je dispose: la foi. Pour cela, je voudrais, malgré la tristesse de la séparation, exprimer à tous mes sincères gratitudes. Vous avez tous été, on ne peut plus, aimables, attentifs, pleins de bonté et de douceur comme une mère qui entoure de soins son nourrisson.

Ce secteur, faut-il le rappeler, est un secteur spécial, avec des gens incroyables et formidables qui m'ont accueilli les bras ouverts depuis le jour où j'y ai mis pied. Je garderai de vous un souvenir inoubliable et celui de l'histoire humaine et ecclésiale de ce beau secteur. Je dis à tous un sincère merci.

Et je fais miennes ces paroles de saint Paul: «Ayant pour vous une telle affection, nous aurions voulu vous donner non seulement l'Evangile de Dieu, mais jusqu'à notre propre vie, car vous nous étiez devenus très chers»(1Th 2,7-8).

Que Dieu vous bénisse et vous garde dans la joie de l'Evangile.

Votre humble serviteur, Norbert

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