Lettre à un ami prêtre

Edito de Antoine - Marie IZOARD
Directeur de la rédaction
Famille Chrétienne n° 2132 du 24 novembre 2018

lettre a un ami pretreCher ami,

je prends la plume car je sais à quel point toi, et tant de tes confrères, pouvez souffrir en ce moment, l'ai appris que tu étais raillé ou insulté dans la rue par la faute humainement impardonnable de quelques-uns. J'ai entendu aussi que ta singulière vocation pouvait être remise en question à l'intérieur même de l'Église.

L'enfance du Christ dans l'art

Ecrit par Marie Gabrielle Leblanc

enfance du Christ dans artIl est déjà en pré-vente en ligne depuis plusieurs mois sur amazon, Fnac et Cultura (si vous vivez loin d’une librairie). Peut être commandé sur le site des éditions Téqui.
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Affaire Barbarin, nous sommes témoins ...

, LaCroix.com  le

[TRIBUNE] Mgr Jean-Pierre Batut, évêque de Blois, ancien évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Valence, ancien vicaire général de Lyon, Pierre Durieux, ancien directeur de cabinet du cardinal Barbarin.

Témoignage capital et complet de trois anciens collaborateurs de Mgr Barbarin, dont deux devenus évêques.

Les mois, les années passent et le scandale Preynat perdure. Libre à chacun d’avoir ses avis, de signer les pétitions qu’il veut, de publier sa légitime indignation sur des crimes aussi honteux et destructeurs pour les victimes. De notre côté, notre liberté et notre devoir est aussi de témoigner de quelques faits objectifs au sujet du cardinal Barbarin, auprès de qui nous avons travaillé respectivement 6, 7 et 10 ans. Ayant fait partie de ses plus proches collaborateurs, et l’ayant aujourd’hui quitté pour d’autres services, notre parole aussi est… libérée.

Lettre à un ami prêtre - une réponse

Le SOS d'un prêtre
Famille Chrétienne n° 2134 du 8 dec 2018

«Maître, nous sommes perdus ; cela ne Te fait rien ?» (Me 4, 38). J'ai du mal à comprendre ce qui m'arrive. Je traverse depuis quelques semaines une période de mélancolie et de remise en cause profonde. Non pas dans mon sacerdoce, ni dans le choix que j'ai fait au Christ en Lui offrant mon cœur et mon corps... Je suis prêtre et je veux rester prêtre. Je suis heureux dans ma vie de prêtre, mais je perçois autour de moi tellement de superficialité et d'indifférence que je me demande souvent ce que je fais là. À quoi bon vouloir donner à manger a des gens qui n'ont pas faim ? ! Tout m'agace et m'exaspère, je n'ai plus envie de sortir, de prendre d'initiatives. |e suis dans une profonde lassitude. La moindre contrariété, si insignifiante soit-elle, m’apparait un poids très lourd à supporter. Et ceux qui demandent à manger prennent le foie gras que je leur propose et mangent ça comme un vulgaire pâté premier prix. quand ils n'en jettent pas la moitié à la poubelle. C'est cette indifférence à Jésus, cette manière de s'intéresser à Lui de manière si légère et convenue, de manière utilitaire, qui me révolte et me mine:

«Quand j'en ai besoin, comme j'en ai besoin. »
"Oui, je veux bien croire, je veux bien vivre des choses, pourvu que ça m'apporte quelque chose. »

je lisais dans la presse ce témoignage d'un prêtre:

« je célèbre des baptêmes et des mariages, et je n'en retire aucune joie... » Je ressens intensément ce vide sans joie spirituelle profonde. Ça devient grave et trop lourd à porter. J'agis souvent contre ma conscience, en trouvant des excuses fallacieuses à la médiocrité ambiante et aux demandes sacramentelles sans foi, autant qu'on puisse le dire.

En pensant ainsi, en ayant ces déceptions pastorales, j'ai en plus le sentiment d'être trop exigeant et de rechercher une «Église de purs» fermée aux pécheurs et aux petits, aux gens qui se mettent en route.

et puis, ma paroisse et ses défis. C'est enthousiasmant, avec plein de défis à relever C'est chouette et, en même temps, ça me fait peur sans doute. Le chantier est tellement immense, les taches tellement diverses. Par quel bout commencer ? Tous les plans pastoraux, toutes les initiatives missionnaires semblent si dérisoires face à une société qui broie du catho, qui discrédite le christianisme... c'est désolant.

Pourtant, la graine semée germera, il faut y croire... Il faut ? Quelles sont les personnes qui comptent pour moi ? Quelles sont [celles] pour qui je compte ? Et pour qui puis-je dire que je compte vraiment ? [...] J'ai le sentiment d'être un bon plan «psy gratuit». Un GPP (gentil petit prêtre) que l'on oublie vite quand on a plus besoin de lui, accueillant et plutôt bienveillant, pas trop chiant, quoi que... J'ai souvent ce sentiment de solitude, pas une solitude physique ou affective, même si elle existe, mais une solitude sacerdotale beaucoup plus cruelle dans ce monde qui a mis Dieu au placard. Cette solitude: le sentiment d'avoir donné sa vie au Christ pour rien... A force de donner, je me sens usé, même si je garde encore la joie de donner sans attendre de retour, je sens en moi comme une partie de rnoi qui s'étouffe, qui s'essouffle et qui se laisse gagner par le découragement. Depuis peu, je n'ai plus envie de faire les tâches qui m'incombent. Je remets beaucoup à demain. Parmi ces personnes autour de moi qui me sont parfois les plus proches, certaines ne partagent pas ma foi: je les trouve souvent tellement plus humaines que certains croyants convaincus [...]. le ne sais plus où trop j'en suis… )'ai besoin sans doute de redonner du sens à chaque chose, à trouver en moi ou en Lui ce qui me permettra de comprendre que ce qui est plus important, ce n'est pas ce que je fais ou ne fais pas, le nombre de personnes rencontrées, mais ce que je suis, ce que j'essaie d'être pour Lui, pour eux, gratuitement, pauvrement... Et ça devient urgent de faire une mise à jour.

Un curé de campagne, encore jeune, encore prêt à se donner Ici ou ailleurs.

2000 ans de Christianisme : La première évangélisation en Provence

www.saintsdeprovence.com

Le Vieux Port de Marseille est entouré de sites archéologiques prestigieux en relation avec Phocée et Ephèse.

La Cathédrale de la Major est bâtie sur l'emplacement du temple de la déesse grecque Artémis. Les transports terrestres et maritimes de la Méditerranée, les grandes voies romaines traversant la Gaule, particulièrement l'Aurélienne et la Domitienne, sont ponctuées de sites évoquant l'histoire des persécutions chrétiennes jusqu'à l'Edit de Constantin en 313. C'est à partir de cette date que les plus beaux baptistères de Provence ont été construits : Marseille, Aix, Fréjus, Riez, Venasque. Celui de Marseille était le plus important de l'Empire Romain au Vème siècle.

Saint Eugène de Mazenod, Archevêque de Marseille de 1837 à 1861, fut un promoteur assidu de ces antiques sanctuaires qui sont les témoins de la toute première évangélisation de Marseille.

La vénérable Tradition de Provence

La famille de Béthanie (Lazare, Marie-Madeleine, Marthe et leurs servantes Marcelle et Suzanne), Marie Salomé (mère des apôtres Jacques et Jean), Marie Jacobé (mère de Jacques le mineur, Simon et Jude), Maximin, Sidoine (l'aveugle-né de l'Evangile) ont quitté la Palestine pour fuir la persécution d'Hérode Agrippa vers l'an 43 et ils ont gagné les rivages de la Provence en bateau. Ils ont été fêtés dans la liturgie pendant des siècles. Beaucoup de témoignages historiques ont été détruits par des siècles d'invasions.

Débarquement de saints Lazare Marie Madeleine Marthe . .mosaïque de la basilique de Montmartre
Débarquement en Provence de Sainte Marie-Madeleine accompagnée de son frère Lazare, de sa soeur Marthe et de leurs compagnons

Mosaique du choeur de Montmartre

Marseille

Selon la tradition, Lazare et Marie-Madeleine sont les premiers évangélisateurs des Marseillais. Le martyre de Lazare eut lieu sur l'Agora (place de Lenche) entre le théâtre grec et le temple d'Apollon Delphinien (actuelle église St Laurent). Marseille a célébré en 2004, le 17ème centenaire de l'Abbaye de St Victor. C'est là que St Cassien édifia la première basilique vers 413. Revenant d'Egypte, il fit de St Victor le berceau du monachisme occidental.

Saintes Maries de la Mer

Dans l'ancienne Eglise des Saintes Maries de la Mer, le Roi René, Comte de Provence, entreprit des fouilles. Il découvrit en 1448, les tombes de Marie Jacobé et de Marie Salomé. Elles ont été honorées en 1948, pour le 5 centenaire, par Monseigneur Roncalli futur pape Jean XXIII. Sainte Sara, patronne des Gitans, est vénérée dans le sanctuaire.

Arles

La prestigieuse Primatiale Saint Trophime (patrimoine mondial de l'UNESCO), rappelle l'évangélisation d'Arles par Trophime, compagnon de saint Paul. Les tombeaux paléochrétiens des Alyscamps et de la nécropole de Saint Génies sont, avec ceux de Rome, les plus nombreux et les plus beaux illustrant la vie du Christ et des Apôtres.

Tarascon

Le nom de la ville de Tarascon tire son origine de « la tarasque », monstre légendaire terrassé par Sainte Marthe qui évangélisa la région jusqu'à Avignon. La sainte est ainsi traditionnellement invoquée pour ses victoires contre Satan.

Son tombeau fut mis à jour en 1187 sur le bord du Rhône. Il est toujours visible dans la crypte de la Collégiale face au château des Comtes de Provence.

Aix

Selon la Tradition, Marie-Madeleine « Apôtre des apôtres » et Maximin ont évangélisé Aix-en-Provence. La cathédrale Saint Sauveur leur est consacrée. Elle a été élevée sur le tout petit oratoire consacré par Maximin qui fut détruit en 1808 car il obstruait la vue d'un des bas-côtés ! De part et d'autre de la façade de la cathédrale on peut admirer Maximin, et Sidoine qui lui succéda.

Saint Maximin, Grotte de la Sainte Baume

Marie-Madeleine se retira dans la Grotte de la Sainte Baume où elle finit ses jours dans le jeûne et la prière. Elle fut ensevelie par Saint Maximin, dans le village qui prit son nom au bord de la Via Aurélia. Caché en 710 par crainte des Sarrasins, le corps de Marie-Madeleine fut découvert le 7 décembre 1279 grâce à Charles II, Comte de Provence.

La crypte de la Basilique Royale de St Maximin où sont conservés les tombeaux paléochrétiens, fut considérée par le père Lacordaire, dominicain du XIX siècle, comme le troisième tombeau de la chrétienté après Jérusalem et Rome. Etape incontournable du Chemin de Compostelle entre Rome et les Pyrénées, la Grotte de la Sainte Baume reçut la visite d'innombrables pèlerins. Parmi eux, huit papes, des évêques, quatorze rois et reines, et une dizaine de saints de l'Europe entière.

Apt

Dans la Basilique paléochrétienne d'Apt se trouvent les reliques de Ste Anne, mère de la Vierge Marie, qui furent transportées de Marseille dans le Lubéron pour échapper aux profanations. Elles y sont honorées depuis l'époque de Charlemagne.

sur internet : l'évêque de Gap en appelle à "la solidarité nationale" pour l'accueil des migrants dans les Alpes

"Aidez-nous !" : l'évêque de Gap en appelle à "la solidarité nationale" pour l'accueil des migrants dans les Alpes

Xavier Malle, évêque de Gap et d'Embrun (Hautes-Alpes), s'inquiète sur franceinfo de "l'instrumentalisation des migrants". Il réclame de l'aide pour les accueillir.

Un migrant en direction du col de l\'Echelle (Hautes-Alpes), le 13 janvier 2018. 
Un migrant en direction du col de l'Echelle (Hautes-Alpes), le 13 janvier 2018.  (PIERO CRUCIATTI / AFP)

Le contrôle des frontières dans les Hautes-Alpes est devenu le théâtre d'affrontements entre pro et anti-migrants. Le col de l'Echelle, point de passage de clandestins entre l'Italie et la France, a été investi samedi 21 et dimanche 22 avril par des militants du groupe d'extrême droite Génération identitaire pour tenter de chasser des migrants, puis des activistes pro-migrants. L'évêque de Gap, Xavier Malle, dénonce une "opération de communication" de la part du groupuscule d'extrême droite et exhorte à ne pas "instrumentaliser les migrants". Dans une tribune à franceinfo, il en appelle à la "solidarité nationale" pour organiser l'accueil des migrants. Il s'exprime ici librement.


Trois actions presque concomitantes se sont déroulées dans les Hautes-Alpes. Samedi 21 avril, au col de l'Echelle, un groupe anti-migrants simulait une frontière, tandis qu’au même moment, à Gap, un groupe altermondialiste demandait la suppression des frontières. Le lendemain, en réaction au premier, un troisième groupe faisait passer par force la frontière à des migrants. Comme évêque du diocèse de Gap et d'Embrun dans les Hautes-Alpes, j'estime que nos montagnes ne sont pas un terrain de jeu politique où pourraient librement s’affronter des personnes, d’un bord comme de l’autre, instrumentalisant les migrants. La situation étant assez compliquée, nous n’en avons vraiment pas besoin.

En revanche, nous avons besoin de l’aide de la communauté nationale. Si, en 2016, les Hautes-Alpes ont accueilli 60 mineurs non accompagnés, ils étaient plus de 1 200 en 2017. Nous sommes le premier département en accueil de mineurs par habitant. Après une période de flottement et finalement avec persévérance, le conseil départemental et l’Etat ont pris leur responsabilité, pour la mise à l’abri des mineurs, comme l’impose, à juste titre, notre droit. Les paroissiens de Gap et de Briançon se sont également mobilisés, répondant à l’appel du pape François.

Ainsi, pendant quatre mois, d'août à novembre, jusqu'à 60 mineurs ont été accueillis pour la nuit dans les salles paroissiales à Gap. La préfecture ayant réussi à trouver des solutions pour les nuits, le Secours catholique fait depuis un accueil de jour. Dans tous les cas, cet accueil est réalisé avec l’aide de nombreux bénévoles d’autres associations ou d’individuels. Que chacun soit remercié.

"Il nous faut préparer l'intégration dans notre société de ces mineurs"

Mais, d’une part, la situation se tend à nouveau avec la fin de l’hiver et, d’autre part, les bénévoles sont épuisés. J’en appelle donc à la solidarité nationale. Aidez-nous, aidez le Secours catholique, aidez le département des Hautes-Alpes qui ne compte que 140 000 habitants à l’année dans ses magnifiques vallées. Aidez-nous à créer les structures durables pour l’accueil des mineurs non accompagnés. J’en appelle aussi au travail collaboratif entre tous les acteurs du terrain, dont le Secours catholique et les paroisses, dans un dialogue renouvelé avec l’Etat.

Aucun d’entre nous, tout seul, n'a la solution. Pas plus l’Etat que les associations. C’est ensemble que nous pouvons faire face. Travaillons ensemble et non plus côte à côte.Mgr Xavier Malle, évêque de Gapà franceinfo

D’autant qu’il nous faut passer à une seconde phase. Tout en continuant l'accueil d’urgence, il nous faut préparer l'intégration dans notre société de ces mineurs, dont la plupart vont rester en France. Cela passe par la culture, la littérature, la langue ; tout ce qui fait notre civilisation, avec ses racines chrétiennes et la présence de toutes les religions, dans le cadre des valeurs partagées de notre pays. A terme, c’est l'unité, la cohésion de la France qui est en jeu. Ne croyons pas que cette 'crise migratoire' soit passagère. Elle est mondiale et durable, aussi bien en Amérique latine qu’en Asie et en Europe.

Je n'ai pas la solution ; alors quelle est ma mission d’évêque ? Elle me semble de proposer des critères de discernement et de confirmer les chrétiens dans leur mission. Le principal critère pour un chrétien est de suivre ce qu'a dit et ce qu'a fait Jésus, le fils de Dieu. L'évangéliste Matthieu le rapporte ainsi au chapitre 25 de son évangile :

"Le roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j'avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !' Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu... ? Tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? Tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? Tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? Tu étais nu, et nous t’avons habillé ? Tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?' Et le roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.'"

En servant ces mineurs non accompagnés, c'est Jésus que nous servons.

"Défendre les plus fragiles, tous les plus fragiles"

Depuis le mois d’août, j'entends beaucoup d'idées reçues auxquelles mon expérience permet maintenant de répondre :

On créerait un appel d'air en donnant à manger aux migrants et en leur proposant un matelas. En vérité, ils sont là, nombreux, de l'autre côté des Alpes. Que fait-on en Europe pour aider l’Italie ?

On pourrait distinguer migrants économiques et réfugiés politiques, les premiers n’ayant pas vocation à rester sur le territoire national. Cette distinction est de plus en plus floue. C'est bien en grande partie pour des raisons politiques que les conditions de vie sont déplorables dans leurs pays. Que fait-on pour aider à la bonne gouvernance et au développement des pays d’origine ?

On favoriserait la délinquance et le chômage. Mais il n'y a aucune délinquance de la part des mineurs migrants que l'on accueille dans les paroisses et au Secours catholique à Gap et à Briançon. Ils ont tellement souffert qu'ils sont des mineurs mûrs et responsables. Et ils n'ont pas l’âge de travailler, mais d'aller au lycée. Pourquoi ne peut-on les prendre au lycée dès leur arrivée, même pour peu de temps ?

On ne s’occuperait pas de la misère des gens chez nous en s’occupant des migrants. Je peux vous dire que les actions du Secours catholique et des autres associations envers les personnes qui ont besoin d’aide dans les Hautes-Alpes n’ont en rien diminué. Qui est prêt à venir donner un coup de main au Secours catholique ?

On s'occuperait des migrants et pas des autres questions de la doctrine sociale de l’Église. C'est ma joie d'être évêque de l’Eglise catholique qui défend les plus fragiles, migrants et réfugiés, malades en fin de vie, enfants à naître. Essayons d’être cohérents. Qui est prêt à défendre à la fois le migrant et l’enfant à naître ?

Pour conclure, je citerai la lettre encyclique du pape Benoît XVI (Caritas in veritate, 2009): "Il faut qu'il y ait un renouveau de la pensée pour mieux comprendre ce qu'implique le fait que nous formons une famille."

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Le 26 avril 2018, l'évêque de Gap (Hautes-Alpes) lance un appel à la solidarité nationale pour organiser l'accueil des migrants mineurs isolés. Ce département alpin de 240 000 habitants a dû faire face à l'arrivée de 1 600 mineurs migrants. Sébastien Baer a rencontré Xavier Malle.

Xavier Malle, évêque de Gap et d’Embrun.
Xavier Malle, évêque de Gap et d’Embrun. (SEBASTIEN BAER / RADIO FRANCE)

Xavier Malle tire un bilan positif de la situation même s'il est devenu la cible des militants anti-migrants : "Je me suis demandé quelle était ma mission d'éveil par rapport à cette situation mais il me semble qu'une de mes missions c'était d'aider a donner des critères de discernement. Il ne s'agit pas pour moi de donner des leçons. Quand j'étais curé avant dans un village rural en Touraine les migrants ce n'était pas notre problème, ils ne descendaient pas dans la campagne. Ici le problème c'est que les mineurs migrants passent à la frontière dans le nord du département et descendent sur Gap et c'est là qu'on doit s'en occuper." 

Un cas de conscience ? 

L'évêque de Gap, Xavier Malle,  est clair sur sa réponse : "Il ne s'agit pas d'un cas de conscience mais je me suis demandé : est-ce qu'il est opportun ou pas de le faire maintenant ? Politiquement, au sens noble du mot, est-ce que c'est le moment de le faire ou pas ?  Xavier Malle a finalement considéré que "c'était le moment à l'époque (au mois d'avril) parce qu'on avait besoin, donc j'ai relancé un nouvel appel  plus directement au niveau des chrétiens locaux dans les Hautes-Alpes, pour qu'ils accueillent des mineurs migrants chez eux."

Quelles réactions parmi ses paroissiens ?

"Une grande bienveillance chez la majorité d'entre eux, même si quelques-uns ont râlé. La difficuté, c'est qu'aujourd'hui quand on parle de migrants, les gens n'écoutent plus. Mais c'est notre devoir de les accueillir." Mgr Malle a, dit-il, "quand même été surpris par la haine de certaines réactions... jusqu'à une menace de mort. Il y a un vent mauvais qui souffle dans notre pays, par rapport à l'accueil des migrants. Une partie de la population a peur, et d'autres jouent sur cette peur. Mais la peur n'est jamais bonne conseillère, et ne résoud pas les problèmes."

 

“Le déclin du courage” d’Alexandre Soljénitsyne : le discours de Harvard

19 décembre 2014

Le déclin du courage - Alexandre Soljénitsyne discours de Harvard

C’est seulement la deuxième réédition de ce célèbre discours, depuis qu’il fut prononcé devant les étudiants américains de Harvard, à la séance solennelle finale du 8 juin 1978. Les Belles Lettres l’ont assorti d’une préface, signée par celui qui fut son éditeur, son agent et son ami, pendant 35 ans, Claude Durand – longtemps directeur de la maison Fayard, il a lui-même raconté en 2011 le récit tumultueux de la publication de l’œuvre de l’écrivain dans Agent de Soljénitsyne. Une œuvre qui défie le temps et la mode, en opposant, dans Le déclin du courage, à la violence du système soviétique, l’écœurement matérialiste et le vide spirituel de la société occidentale… Soljénitsyne dit son désarroi et défait les œillères.

LA SOLITUDE... ÇA N'EXISTE PAS

Rappelons-nous les paroles dures de cette belle chanson de Gilbert Bécaud :

Chez moi il n'y a plus que moi
Et pourtant ça ne me fait pas peur :
La radio, la télé sont là
Pour me donner le temps et l'heure

la solitude

Hélas si, la solitude existe !

La solitude... les solitudes plutôt, tant elles ont des visages divers qui cèlent des expériences singulières, bien souvent incommunicables quand on est isolé du monde.

La solitude est vécue comme une situation qui échappe au contrôle de celui ou de celle qui la subit : c'est de l'ordre du sensible, un état douloureux et angoissant pour la personne qui l'éprouve.

Intégralité du discours d'Emmanuel Macron devant la Conférence des évêques de France

Monsieur le ministre d'État,

Mesdames les ministres,

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Monsieur le nonce,

Mesdames et messieurs les ambassadeurs,

Mesdames et messieurs les représentants des cultes,

Monseigneur,

Mesdames et messieurs,

Je vous remercie vivement, Monseigneur, et je remercie la Conférence des évêques de France de cette invitation à m'exprimer ici ce soir, en ce lieu si particulier et si beau du Collège des Bernardins, dont je veux aussi remercier les responsables et les équipes.

Pour nous retrouver ici ce soir, Monseigneur, nous avons, sans doute, vous et moi bravé, les sceptiques de chaque bord. Et si nous l'avons fait, c'est sans doute que nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l'Église et l'État s'est abîmé, et qu'il nous importe à vous comme à moi de le réparer.

Pour cela, il n'est pas d'autre moyen qu'un dialogue en vérité.

Les Mées

Saint-Auban

Malijai

Volonne

Peyruis

L'Escale

Dabisse

Montfort

Lurs

Sourribes

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