L’église de Saint-Auban

Elle est citée en même temps que l’église de Château-Arnoux en 1274, ecclesia sancti Albani. Voici ce qu’en dit l’abbé Maurel (p. 109) : il existait autrefois une chapelle de secours à Saint-Auban. Cette chapelle était bâtie sur les bords de la Durance, vis-à-vis et un peu au dessus de la gare de Saint-Auban. Les dernières ruines qui en faisaient connaître l’emplacement et les dimensions ont disparu en ces derniers temps seulement. Bien qu’assise sur le terroir de Château Arnous, cette chapelle dépendait pour le spirituel du curé de Montfort, qui en était le prieur chapelain, et qui, en cette qualité, percevait la dime y afférente. Le culte y fut exercé jusqu’en 1789. Une nouvelle église fut construite au cours du XXe siècle sous le titre de Jésus ouvrier.

LA CHAPELLE PROVISOIRE

Les maisons étaient demandées par les ouvriers, avant leur achèvement ; elles se peuplèrent très vites d’hommes, de femmes, et d’enfants. M. le Chanoine Germain, économe du Grand Séminaire, assurant le service de Montfort, descendait à la Gare de Saint-Auban, traversait la cité naissante, voyait la population augmenter rapidement, et souffrait de constater que ces brebis étaient sans pasteur … Il fit part de sa peine à M. de Gastines, en octobre 1916. Les choses allèrent vite …

Les travaux furent confiés à M. Bavière, Entrepreneur à Saint-Tulle. La chapelle fut inaugurée avant d’être achevée ; il n’y avait ni portes, ni fenêtres, ni parquet, ni autel…. Les ouvertures furent bouchées avec des planches, le sol garni d’un blocage de gros cailloux…. Un autel fut installé avec des tréteaux. M. le Chanoine Germain emprunta à Montfort ornement, calice … On accrocha aux amandiers quelques lampes à acétylène, le terrain étant profondément détrempé, on mit des planches bout à bout, du commencement de chemin qui sera dans la suite l’Avenue Balard, jusqu’à la chapelle, afin que les assistants ne s’enlisent pas … C’était pauvre, original, quelque peu héroïque. Et dans la nuit du 24 au 24 décembre de l’an de grâce 1916, se rendirent à la Messe MM. De Gastines, Directeur ; Sechet, ingénieur chef de fabrication ; Reynaud, ingénieur chimiste ; quelques ouvriers, divers habitants du Jas, de Montfort, Philippe Issaurat qui avait été l’agent de la Compagnie pour acheter les terrains, et qui avait travaillé de son mieux à faire doter d’un lieu de culte la cité naissante.

Après cette messe de Noël épique, la besogne continua à la chapelle, portes et fenêtres furent posées …A Pâques 1917, fut inauguré l’autel en bois qui a servi jusqu’au 26 août 1939 ; le sol fut cimenté,….. puis des bancs avec dossier et agenouilloir, un harmonium, meublèrent l’humble maison de Dieu.

La chapelle provisoire a duré 23 ans : 1916-1939 . L’auditoire y était serré. C’était intime, familial. Impossible d’abandonner cette modeste maison de Dieu sans émotion ; elle a rendu si longtemps service ….

Cette église remplacait la chapelle de la cité de Sain Auban qui a été détruite.

L'EGLISE : JESUS OUVRIER

Un jour mémorable. Le 31 mai de l’an de grâce 1938, M. Jacques LEVEL, Président du Conseil d’administration,, accompagné de plusieurs de ses collaborateurs : M . De Vitry , M . Rochet, … procéda à une inspection assez détaillée de l’usine de Saint-Auban. Aimablement, il fit appeler M. le Curé, lui posa diverses questions sur ses relations avec ses paroissiens, ensuite lui annonça officiellement que la cité aurait, sous peu, une église, et chargea M. De Vitry de veiller à l’exécution du projet. Grande joie parmi les fidèles, quand ils surent que le désir de voir une maison de Dieu spacieuse surgir au milieu du plateau, ne serait plus un rêve lointain, mais deviendrait bientôt une réalité.

Pour de multiples motifs, le nom de Jacques LEVEL ne doit pas s’effacer de la mémoire des Saint-Aubanais ; le motif le plus pressant de lui garder une reconnaissance inaltérable, c’est l’église qui se dresse maintenant, rayonnante de lumière, entre l’hôpital et l’école libre.

Le projet en marche. C’est le plan de M. Georges Benezech, architecte diplômé qui avait déjà fait le plan de l’église de Chedde, qui eut la préférence. Le jeudi 13 octobre 1938, le plan de l’église ayant été tracé sur le terrain, M .le Curé, avec quelle joie ! donna quelques coups de pioche et manœuvre la pelle pour commencer les fouilles. Firent de même : M. Grabinski, les contre-maîtres, les professeurs de l’école libre, et les élèves qui y allaient de tout cœur.

Le Bandeau et la fresque   : le 27 décembre 1938, le recteur de la cité fut prié de donner son avis sur la décoration de la future église.

Voici le résumé de sa réponse : Saint-Auban est la cité ouvrière ; dans son enceinte, pas de bourgeois, pas de retraité ; uniquement des travailleurs. Que l’église soit dédiée à Jésus Ouvrier, pour apprendre aux paroissiens que le labeur quotidien n’est pas destiné seulement à leur permettre de gagner leur croûte, comme ils disent, mais aussi, s’ils l’exécutent en état de grâce et avec un esprit surnaturel, à leur permettre de gagner le paradis. Le rêve, c’est de voir la Sainte famille au travail … Magnifique leçon de choses donnée par la peinture … qui vaudra mieux qu’un sermon …
L’idée d’ensemble fut acceptée, la technique, l’attitude, le paysage, l’imagination … c’est l’apanage de l’inspiration de l’artiste.

M. De Laboulaye décora d’abord le bandeau qui se développe en avant du sanctuaire ; on peut y voir beaucoup d’instruments au travail. Leçon : Manoeuvrez le rabot, la scie, l’éprouvette, la pierre … soyez maçon, mécanicien, électricien, menuisier, manipulateur de laboratoire … en un mot faîtes un métier honnête ; si, en même temps vous faîtes votre métier de chrétien, vous êtes un imitateur du Christ, un ami du Christ. ………….

Le paysage c’est le mamelon de Franchironette, c’est la colline de Saint Jean. Voyez les maigres oliviers de la Haute Provence ; ils vous rappelleront ceux de Jérusalem, au pied desquels le Maître a agonisé. Ici comme à Jérusalem, il n’y a pas d’autre Sauveur que Jésus ; mettez-vous à son école.
Voilà le sermon que M. De Laboulaye a esquissé avec son pinceau et qui instruira, nous avons l’espérance, de nombreuses générations….

Mgr Jorcin, Evêque de Digne a procédé à la cérémonie de la consécration le 13 Octobre 1940 Ce fut une grande fête pour la paroisse. Les fidèles admiraient l’autel, cadeau de la Compagnie, et la parure de l’autel, croix, chandeliers, porte du Tabernacle, nappes qui sont leur cadeau …

extraits du site "LA MALLE AUX TRESORS"
Son adresse est la suivante : http://labastido.canalblog.com/ 

 

 

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