Les saints du diocèse de Digne

Saint Vincent et Saint Domnin
évêques, Patrons du diocèse de Digne

22 janvier

Venu d’Afrique du Nord avec saint Marcellin au cours du IVème siècle, saint Vincent le seconda dans son apostolat auprès des populations de l’Embrunais. Quand saint Marcellin fut consacré évêque d’Embrun en 365, saint Vincent partit évangéliser la région dignoise. Il devint un peu plus tard évêque de Digne, et se rendit en 374 au Concile de Valence qui statua sur la réconciliation avec l’Eglise, des chrétiens revenus de l’hérésie et des religieuses ayant renoncé à leur vœu de virginité. La tradition dignoise assure que saint Vincent eut comme compagnon d’apostolat saint Domnin et qu’il fallut, pour élever saint Vincent à l’épiscopat l’arracher à la solitude où il s’était retiré. Il est douteux que Domnin soit venu d’Afrique avec Vincent et Marcellin, et c’est à tort que Gassendi en a fait le premier évêque de Digne. Il serait plutôt le premier évêque de Grenoble, consacré en 381.

 

Saint Mary
abbé

27 janvier

Saint Mary (ou Marius) d’Orléans fut appelé à gouverner au VIème siècle, dans l’ancien diocèse de Sisteron, un monastère que la plupart des historiens situent dans la Drôme. Il est vénéré à Forcalquier dont il est le patron, en raison de son amitié avec saint Donat. Ses reliques, ramenées vers 950, y sont toujours vénérées.

 

Saint Jean de Matha
prêtre

8 février

Jean de Matha, né aux environs de 1154 à Faucon de Barcelonnette, poursuivit brillamment ses études supérieures à l’Université de Paris. Aussi par la suite, il y enseigna la théologie. Ordonné prêtre, lors de sa première messe, il comprit qu’il était appelé par le Seigneur au rachat des chrétiens persécutés. Dans ce but, en 1194, à Cerfroid, près de Paris, il fonda « l’Ordre de la Sainte Trinité et des Captifs » dont la Règle fut approuvée par le pape Innocent III le 17 décembre 1198. Professant cette Règle avec le plus grand zèle, il s’affaira à l’œuvre des rachats et s’adonna aux diverses œuvres de miséricorde. Voué tout entier à Dieu en sa Trinité, il établit ce mystère d’Amour et de Rédemption comme la source et le modèle où son Ordre devra puiser sans cesse. Il mourut à Rome en 1213.

 

Saint Marcellin
évêque

20 avril

Venu d’Afrique du Nord avec son ami saint Vincent, saint Marcellin aurait séjourné plusieurs années à Rome, puis tous deux seraient partis évangéliser le versant ligure des Alpes maritimes. Ils s’arrêtèrent à Verceil dont l’évêque saint Eusèbe avait été compagnon d’études de saint Marcellin à Rome. Il leur demanda de porter l’Évangile au-delà des Alpes. Saint Marcellin établit un évêché à Digne et évangélisa la région d’Embrun. Eusèbe vint consacrer Marcellin comme évêque d’Embrun en 365.

 

Saint Mayeul
Abbé de Cluny

11 mai

Né à Valensole, d’abord archidiacre de Mâcon, puis moine et abbé de Cluny, saint Mayeul présida à l’expansion et au rayonnement de la célèbre abbaye bourguignonne. C’est à lui que Cluny doit son implantation en haute Provence, en particulier à Valensole. Sa capture par les Sarrasins alors qu’il franchissait le Valais en 976, suscita l’émotion des Provençaux qui unirent leurs efforts pour libérer la Provence de l’envahisseur Sarrasin. Il mourut en 994.

 

Saint Pons
martyr

15 mai

Jeune romain qui demanda le baptême après avoir entendu le chant des psaumes, saint Pons fut martyrisé à Cimiez, peut-être au IIIème siècle, après avoir évangélisé la région de Castellane. Plusieurs sermons de l’évêque saint Valérien de Cimiez permettent de situer ce martyr.

 

Saint Eugène de Mazenod
évêque

21 mai

Né à Aix en Provence en 1782, Eugène de Mazenod fut ordonné prêtre en 1811 ; ses prédications eurent un grand succès ; il fonda en 1816 les « Missionnaires de Provence » pour prêcher au Peuple dans sa langue, qui reçurent plus tard le nom de « Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée ». Nommé évêque de Marseille en 1837, il y fit œuvre d’un grand et vigoureux restaurateur. Il envoya ses religieux en Amérique du Nord, aux Indes, en Afrique Australe. Il mourut à Marseille le 21 mai 1861. Venu plusieurs fois en mission dans le diocèse de Digne, ami de Mgr de Miollis, c’est au château de Saint-Laurent-du-Verdon qu’il écrivit les Constitutions des Oblats de Marie-Immaculée.

Saint Bevons

22 mai

Saint Bevons est né Noyers près de Sisteron au moment où la Provence était occupée par les Sarrasins. Après la capture de saint Mayeul par ces derniers en 972, il rejoignit le comte de Provence Guillaume le Libérateur, pour chasser l’envahisseur. S’étant distingué en plusieurs occasions par son courage, il se retira après que la Provence eût été délivrée, pour se consacrer à la prière, au jeûne et à l’aumône. C’est en accomplissant un pèlerinage à Rome qu’il mourut le 22 mai 986 à Voghera, où il est enterré. Son souvenir est resté très vivant en Italie du nord.

 

Saint Ours
prêtre

17 juin

D’origine irlandaise, saint Ours (ou Orso) s’exila pour le Christ au VIème siècle. Il prêcha à Meyronnes puis à Aoste, avant de se retirer dans la solitude, pour ne pas pactiser avec l’hérésie arienne.

 

Saintes Consorce et Tulle

22 juin

Sainte Consorce et Sainte Tulle sont deux sœurs ayant illuminé la vallée de la Durance au Vème siècle : sainte Consorce a consacré sa vie à Dieu, et fondé une église et un hôpital à L’Escale ; sainte Tulle s’est donnée totalement au Christ, dans la solitude.

 

Bienheureuse Thérèse Consolin
et ses 31 compagnes

9 juillet

Arrêtées pour avoir refusé de prêter le serment de Liberté-Égalité, 32 religieuses (Sacramentines, Ursulines, Cisterciennes, Bénédictines) furent incarcérées par la commune d’Orange le 2 mai 1794. Elles furent exécutées pendant le mois de juillet 1794. Le groupe compte Thérèse Consolin, (en religion Sœur du Cœur-de-Jésus), née à Courthézon en 1736, supérieure des ursulines de Sisteron, et exécutée la dernière le 26 juillet.

 

Saint Donat
prêtre

18 août

Originaire d’Orléans, saint Donat serait venu au début du VIème siècle dans la région de Sisteron, attiré par l’évêque Jean, lui-même Orléanais. Il s’établit dans un repli de la montagne de Lure, proche de Montfort. Des disciples auraient construit, près de son tombeau, qui fut affilié à l’abbaye de Boscodon au XIIème siècle, quand celle-ci s’étendit vers la montagne de Lure. Les fouilles récentes (1968) ont permis d’établir le lieu d’implantation d’un centre monastique qui eut un grand rayonnement au XIIème siècle.

 

Sainte Douceline
et Bienheureux Hugues de Digne

1er septembre

La vie du Bienheureux Hugues de Digne est liée aux débuts de l’ordre franciscain en Provence. Né en 1214 à Digne, et entré chez les franciscains, il se fit remarquer pour ses talents de prédicateur au ton parfois apocalyptique et à la dialectique subtile. Il prêcha en 1245 devant le pape Innocent IV qui l’apprécia, et devant saint Louis rentrant de croisade à Hyères en 1254. Très fidèle au charisme de saint François dans sa forme la plus pure, il fut considéré par la fraction de franciscains dits « spirituels » comme un interprète fidèle du fondateur. Il assista et conseilla sa sœur cadette, sainte Douceline, née à Digne, qui fonda le premier établissement de « béguines » à Hyères. Elles essaimèrent à Aix et Marseille. Leur propos de vie était de suivre la perfection chrétienne en restant dans le monde. Gratifiée de phénomènes mystiques, elle mourut en 1274, à Marseille où elle est enterrée près de son frère.

Bienheureux Pierre-François,
Joseph-Thomas et
Jules-Honoré Pazery de Thorame
prêtres et martyrs

2 septembre

La Seigneurie de Thorame-Haute, après avoir appartenu aux familles de Feraud de Glandèves, de Gassendi et de Villeneuve, fut transmise, au XVIIème siècle, à celle de Pazery, qui s’appela depuis lors Pazery de Thorame. Trois membres de cette famille figurent parmi les prêtres martyrisés à Paris en septembre 1792 pour avoir refusé de prêter le serment constitutionnel : Pierre-François Pazery de Thorame, né à Aix en 1735, docteur de l’Université de Paris, vicaire général d’Arles ; et ses neveux Joseph-Thomas, né à Aix en 1751, docteur en Sorbonne et chanoine de la cathédrale de Blois, et Jules-Honoré né en 1763, chanoine et vicaire à Toulon. Ils ont subi le martyre, avec leurs compagnons, au couvent des Carmes à Paris le 2 septembre 1792.

 

Saint Jacques Chastan
prêtre et martyr

22 septembre

Saint Jacques Chastan, du diocèse de Digne, compte parmi les martyrs (saint André Kim et ses 102 compagnons) qui sont morts à Séoul en Corée, entre 1838 et 1869. Né en 1803 à Marcoux, il entra au séminaire d’Embrun puis celui de Digne et fut ordonné prêtre par Mgr de Miollis. Après que ce dernier l’eût avec regret laissé entrer aux Missions Étrangères de Paris, il fut envoyé au Siam, en Malaisie et en Chine, puis en Corée, pays réputé hostile à l’Évangile et à l’Église. Il est le deuxième prêtre européen à avoir pénétré dans ce pays. Après deux ans de labeur intense, aux prises avec les pires difficultés, il subit le martyre dans un faubourg de Séoul le 21 septembre 1839.

 

Saint Elzéar
et Bienheureuse Delphine

26 septembre

Plusieurs diocèses de Provence font mémoire de saint Elzéar (ou Auzias) de Sabran et sainte Delphine de Signe-Glandevès, son épouse ; saint Elzéar fut élevé par Guillaume de Sabran, abbé de Saint-Victor qui devint évêque de Digne. Il fut marié, à l’initiative de ses parents à Delphine de Signe-Glandevès, originaire du château de Puimichel, sur le plateau de Valensole, où le couple passa la plus grande partie de sa vie. Les deux époux s’étant engagés dans un vœu de chasteté, saint Elzéar sut concilier le métier des armes, la politique et la diplomatie avec ses devoirs de tertiaire franciscain. Son épouse lui survécut et se consacra au service des pauvres à Naples et à Apt. Elle put assister à la canonisation de son époux. L’un mourut en 1323, l’autre en 1360.

 

Saint Fauste de Riez
évêque

28 septembre

L’Église de Digne fait mémoire de l’évêque saint Fauste de Riez. Né vers 400 en Grande Bretagne, ayant séjourné à Lyon où il fit probablement ses études, il devint moine à Lérins puis abbé de ce monastère. Élu en 460 évêque de Riez, il succéda à saint Maxime. Pour s’être opposé à Euric, roi des Wisigoths venu dévaster sa cité, il fut exilé en 427 près de Limoges. Évêque zélé pour secourir et protéger son peuple, il fut assidu à la prédication dominicale dans sa cathédrale, comme en témoigne un cycle d’homélies et de sermons qui lui est attribué et qui a inspiré saint Césaire d’Arles. Il s’opposa aux excès de certains des disciples de saint Augustin qui prônaient une conception fataliste de la prédestination et la toute-puissance de la grâce au détriment de la liberté humaine. Mort à la fin du Vème siècle, il est considéré comme le principal écrivain en Gaule de son temps.

 

Saint Maxime de Riez
évêque

27 novembre

Né à Chateauredon, moine et deuxième abbé de Lérins, saint Maxime déclina l’offre de l’Église de Fréjus de devenir évêque, mais finit par se rendre à la volonté de Dieu en acceptant de devenir évêque de Riez en 435. Il se consacra à son peuple par la prière et la parole. Il fut présent aux conciles d’Orange (441), Vaison (442), fut en relation avec le pape saint Léon, et promut le culte de Notre Dame. Mort en 460, son culte se répandit jusqu’en Normandie et en Flandre.

Les saints patrons de notre secteur

Beaudument (Sourribes)                       Saint André
Château-Arnoux                                    Saint pierre aux Liens
Chénerilles (Malijai)                                Saint Florent
Dabisse (Les Mées)                                  Saint Blaise   Sacré Coeur
L'Escale                                                   Sainte Consorce    Notre Dame Mandanois
Ganagobie                                              Notre Dame
Lurs                                                         Invention de la Croix
Mirabeau (Malijai)                                 Chapelle Saint Christophe
Malijai                                                    Paroisse , Marie Madeleine ( Saint Christophe )
Les Mées                                                Notre Dame de l'Olivier
Montfort                                                 Sainte Marie Madeleine
Saint Donat (Montfort)                           Saint Donat
Peyruis                                                  Saint Roch
Peyruis                                                  Saint Nicolas
Le Plan des Mées                                 Sacré Coeur , Saint Blaise
Les Pourcelles (Les Mées)                    Sainte Rosalie
Saint-Auban                                        Jésus Ouvrier
Sourribes                                             Saint Pierre ès Liens
Volonne                                               Saint Martin
Volonne                                               Notre Dame de l'Assomption

 

Saint Jean l'Evangéliste

Saint Jean l'Evangéliste

Apôtre et évangéliste (✝ 101)

Un homme avait deux fils, comme lui pêcheurs sur le lac de Tibériade. Jacques et Jean, les fils de Zébédée, ne manquaient pas de personnalité: on les appelait "fils du tonnerre". Grande était leur soif spirituelle. C'est pourquoi ils s'attachèrent à l'enseignement de Jean le Baptiste: "Celui qui vient derrière moi est plus grand que moi." Aussi, quand le Baptiste dit un matin, en leur montrant Jésus de Nazareth: "Voici l'agneau de Dieu." Jean suivit cet homme. Jacques dut hésiter encore. Lorsque quelques jours après, Jésus dit aux deux frères qui maillaient leurs filets: "Venez avec moi." Jacques et Jean suivirent le Maître.
Jean était jeune. Il avait un grand amour du Christ. Il pensait que celui du Christ était plus grand encore. Alors il s'appela: "le disciple que Jésus aimait." Il fera partie du petit groupe des fidèles d'entre les fidèles. Il est sur le Mont Thabor lors de la Transfiguration, à la Cène, tout contre Jésus et au Calvaire, le seul parmi les apôtres, au pied de la croix. C'est là que Jésus lui confie Marie, sa mère.
Selon la tradition de l'Église catholique, c'est toute l'Église qui est confiée à la Mère de Dieu. Au matin de Pâques, il court et précède Pierre au tombeau: "Il voit, il croit."
Saint Jean l'EvangélisteUne tradition ancienne veut que Jean vécut ensuite à Éphèse avec Marie. Qu'il y écrivit le quatrième évangile. Qu'un séjour à Patmos fut l'occasion d'une révélation qui devint l'Apocalypse. Qu'enfin, lorsqu'il fut vieux, il ne sut que répéter sans cesse l'essentiel de ce que le Christ lui avait enseigné et donné de découvrir: "Dieu est amour. Aimez-vous les uns les autres."
Selon la tradition, saint Jean aurait été amené d'Éphèse à Rome, chargé de fers, sous l'empereur Domitien. Il fut condamné par le sénat à être jeté dans l'huile bouillante. Cette condamnation fut exécutée devant l'actuelle Porte Latine. Il en sortit plus frais et plus jeune qu'il n'y était entré. Le fait n'est pas prouvé, mais il fallait bien que saint Jean soit venu à Rome, comme Pierre et Paul.
- Qui est Saint Jean l'Evangéliste? Paroisse catholique Saint-Jean de Montmartre
-  Illustration, Paroisse Saint-Jean l'Évangéliste, Anglet
Ancienne fête le 6 mai, solennité du martyre de saint Jean.
Fête de saint Jean, Apôtre et Évangéliste. Fils de Zébédée, un des premiers appelés par le Seigneur, il fut, avec son frère Jacques et avec Pierre, témoin de sa transfiguration et de sa passion, et il reçut de lui, au pied de la croix, Marie pour mère. Dans l’Évangile et les lettres qui portent son nom, il se présente comme le théologien qui a pu contempler la gloire du Verbe incarné et qui annonce ce qu’il a vu.

Martyrologe romain

extrait de   Nominis   http://nominis.cef.fr/

Vie de saint Saint Donat

Saint Donat :

C'est vers l'an 973, après des siècles d'insécurité, de décadence économique et intellectuelle (et grâce à l'expulsion des Sarrazins par le comte de Provence, Guillaume) que va se manifester un renouveau de l'Eglise. Il va y avoir une véritable recrudescence de la vie monastique et les grands ordres vont rayonner dans les terres de Haute Provence. Mais bien avant cette renaissance et le rôle primordial du monachisme, il existait dans les Alpes du Sud une vie religieuse beaucoup plus discrète. Il s'agit souvent d'une figure singulière, d'un ermite qui, par sa vie, et son exemple va contribuer à créer un lieu de prière et de diffusion de la foi.

I – Saint Donat choisit Lure

Par définition un ermite est une personne qui fait le choix de la solitude et du recueillement. Cet isolement volontaire, cette vie de méditation et de prière lui permet toute une vie spirituelle qui le rapproche de Dieu. Le Christ, lui-même, s'est retiré plusieurs fois dans le désert pour prier. En Haute Provence, la montagne de Lure s'étend sur 42 kms, d'Est en Ouest, et apparait avec ses milliers d'hectares comme une zone de paix et de silence. C'est donc ici, en bordure de Durance, sur les premières rampes de la montagne que va s'installer Donat pour vivre sa vie érémitique.

La première impression, en quittant Peyruis, est d'immédiatement se trouver dans la sauvagerie et l'isolement. Sur une butte collinaire émergeant d'une végétation de chênes, apparait, aujourd'hui, une église confinée dans ce site solitaire. C'est une église romane qui élève toute sa masse cubique. Elle présente une certaine austérité de ligne, de volume et de construction. Cette église de pèlerinage, datant des XI ème ou XII ème siècle a été construite sur un site sanctifié par la présence de notre anachorète Donat au début du VI ème siècle. Mais qui était-il ?

2 – La vie de l'ermite

C'est la littérature qui va nous fournir des renseignements. Il existe, en effet, une VITA SANCTI DONATI qui nous parle de ce pieux personnage.'C'est l'archéologue J. Thirion qui en a révélé toute l'importance.

Il s'agit donc d'un prêtre originaire d'Orléans qui vivait au début du VI ème siècle. Il choisit de se retirer au pays de Sisteron (in pago Sisterico), au pied de la montagne de Lure (mons Lura) pour vivre sa vie d'anachorète. Le récit devient, alors, fantastique avec la présence de dragons, de démons et de serpents qui peuplent ce vallon et qu'il va combattre, perpétuant la lutte du Bien contre le Mal. Il aurait, par exemple, forcé un démon à aplanir la route primitive (un symbole de la via Domitia ? ). D'ailleurs, une statue de l'église de saint Donat sur l'Herbasse le représente les bras chargés de l'étole de l'exorciste, domptant un dragon tenu en laisse. C'est surement une de ses missions solitaires d'évangélisation des Alpes du Sud. Par contre, loin de ce fantastique, la description des lieux devient très réaliste et correspond d'une manière troublante au site visité. En fait, l'ermite aurait connu deux lieux de retraite : d'abord à l'endroit où se trouve l'église actuelle (saint Donat le Bas), ensuite dans un endroit encore plus reculé, une grotte (spelunca) situé sur une colline voisine où après avoir vécu quelques années avec un compagnon et disciple, Florentinus, il y serait mort. Dans ces derniers jours, il sera assisté par une autre figure de Haute Provence : St Mary. Il était lui aussi originaire d'Orléans (ville de tant de saints !).

Son culte est très présent à Forcalquier. La première cathédrale portait son nom et son corps y fut transféré.

Nous savons qu'au Moyen âge, les reliques voyageaient par crainte de les voir tomber aux mains des Sarrazins et c'était une préoccupation qu'avaient les chrétiens de l'époque (et de l'antiquité) de vivre plus près de Jésus et de préserver leurs souvenirs (d'où la pratique du morcellement des reliques). C'est donc sous le règne de Boson, roi de Provence, que les reliques de St Donat furent abritées à Sisteron puis à Grenoble. Et c'est Corbus, évêque de cette ville qui se réfugia dans la ville de Jovinzieu, apportant les restes de note ermite Lurois. Un palais et une église furent alors construits et dédiés à St Donat. La ville prit alors le nom de St Donat sur l'Herbasse (26).

3 – Un ensemble cultuel complexe

Après la disparition de Donat, on peut penser que son compagnon, Florentinus, et St Mary continuèrent les louanges de sa vie pieuse et perpétuèrent son souvenir. Mais la première trace tangible se trouve dans un texte écrit qui fait état de la donation du lieu par le comte de Provence Guillaume II (en 1018) à l'abbaye St André de Villeneuve les Avignon. Il est donc probable que l'église ait été construite vers cette période. Le texte utilise le terme de « locus ». Nous l'avons déjà trouvé sur la pierre écrite près de Sisteron pour désigner « Théopolis », un lieu d'ascèse et de recueillement crée par Dardanus , préfet des Gaules. Mais ici, ce « locus » établi sur l'habitat de St Donat, va constituer un ensemble architectural complexe et plutôt exceptionnel. C'est à Guy Barruol et J. Thirion que l'on doit l'étude détaillée de ce lieu. Retenons que le site est disposé sur deux niveaux, correspondant aux habitats successifs de Donat.

-Dans le Val, nous avons déjà rencontré la masse de l'église de St Donat le Bas. Juste en dessous, en surplomb d'un roc, se trouve les vestiges d'une église plus modeste avec des caractéristiques de construction à l'identique.

-De l'autre coté du Val, sur une crête (lieu dit couvent des Crottes) se trouve la grotte qui aurait été le refuge de Donat. Il y apparaît, envahi de végétation, les restes d'une petite église à trois nefs avec trois absides à demi-souterraine. Ce sont les restes de l'église de St Donat le Haut. On le voit, le site, dans son ensemble, s'est constitué en lieu de culte. On comprend que pour des raisons sans doute pratiques d'accessibilité, le pèlerinage se soit focalisé sur l'église de St Dona le Bas qui, elle, nous est parvenu dans toute sa splendeur.

4 – L'église de Saint Donat le Bas

La première vision se l'église vue de l'extérieur, c'est l'émergence d'un édifice qui se présente dans sa simplicité et son austérité. L'ampleur et la hauteur de sa masse tout comme la puissance des volumes et l'utilisation de simples moellons rustiques pourraient n'en faire qu'un coffre rigide, une grange comme la tour de Porchères , par exemple. Mais nous sommes bien devant une église avec une abside et deux absidioles sur un plan semi-ciculaire. Et cette église présente un intérêt remarquable, son aspect un peu archaïsant ne nous a pas trompé. Nous sommes en présence d'une des plus anciennes églises de Haute Provence (et de Provence), un témoin architectural du premier âge du roman provençal mais aussi de l'art roman alpin. En effet de nombreux maçons et carriers venant de Ligurie, du Piémont ou de Lombardie ont travaillé ici. Le mur nord recevant le Mistral n'est percé d'aucune ouverture sans non plus de contreforts.

Au sud, par contre, on découvre cinq baies étroites ébrasées vers l'intérieur (l'une d'elle est, aujourd'hui, rattrapée par le lierre). Cette élévation est percée de nombreux trous de boulins laissés par les échafaudages. Les pierres sont celles du pays, surtout du calcaire et du grès. Au dessus de l'entrée principale le tympan est maçonné et dispose en hauteur d'une baie géminée lovée sous un arc de décharge. Les bras du transept sont peu saillants. Laissons une analyse architecturale plus poussée aux spécialistes Il faut retenir la simplicité des édifices religieux qui se caractérisent par l'équilibre de leurs masses et de leurs proportions. L'architecture met en avant la pierre avec laquelle il s'établit une liaison intime.

Nous sommes dans un monde rupestre qui prolonge le choix des premiers chrétiens de simples grottes jusqu'aux monuments qui naîtrons (exemple Carluc ). Marque d'architecture mais surtout marque de civilisation.

Si l'extérieur du monument répond aux canons des édifices romans, l'intérieur est d'une architecture beaucoup plus originale. En effet, on trouve en plus de la grande nef ce qu'on peut appeler deux nefs latérales ou plus exactement des mini-collatéraux, larges de 1,50 mètres (alors que la plupart des églises romanes ont une seule nef). On peut penser que ces collatéraux servirent de déambulatoire pour les fidèles ou pour les pèlerins. D'ailleurs tout au long du mur se trouve un banc de pierre permettant stationnement et repos. Cela attire notre attention sur l'importance que revêtent les pèlerinages.

Déjà à Lure, on connaît depuis l'antiquité le Chastelard de Lardiers qui recelait de nombreux objets votifs, notamment des lampes à huile. Ici à St Donat Val (ou St Donat de Montfort ou St Donat de Lure) tout montre que le lieu a attiré de nombreux pèlerins : le site est un ensemble monumental complexe avec la tombe de St Donat et des aménagements qui facilitent le culte. Mais revenons à l'architecture intérieure. La nef principale est séparée des collatéraux par de grandes arcades qui viennent tomber sur des piliers circulaires, hauts de 6 mètre . Ces piles nues et arrondies, sans ornementation, sont au nombre de huit. Ce parti pris particulier apporte une élévation originale (hauteur de la nef 12 mètres ), tout comme dépouillement et grandeur. Soulignons encore que le transept de très faible dimension a deux bras presque carrés. Le sol est couvert de grandes dalles de pierres brutes dans le sens d'une pente qui se relève nettement vers le chœur. Notons que pas loin d'ici, toujours en Haute Provence, à coté du cimetière de Volonne se trouve une église sans toit qui présente un ordonnancement général analogue notamment par la présence intérieure de piliers cylindriques.

5 – L'architecture de la foi

La Camargue a été la porte d'entrée du christianisme en Provence. C'est Marie-Jacobé et Marie-Salomé, les saintes Maries qui jouèrent ici un rôle apostolique. Mais on peut penser que si cet enseignement fut précoce, les progrès furent lents, surtout dans nos Basses Alpes montagneuses. C'est sans doute la Via Domitia qui, comme pour les armes et le commerce, a joué le rôle d'axe de pénétration dans nos régions. Puis pendant les siècles chaotiques de notre histoire des personnages (comme Donat) devinrent en créant de petits centres d'ascèse un maillon indispensable vers la renaissance de l'église. En souvenir de ces pieux personnages apparurent des lieux de pèlerinage qui vont être à l'origine d'un art chrétien méditerranéen. Il a parfois été dit que Rome est la seule ville au monde à avoir été construite sur une idée abstraite : la gloire de Dieu. Des génies comme Michel Ange ou Le Bernin y sont pour beaucoup. Mais ici, dans la solitude d'un vallon bas-alpin, l'essence de la création n'est elle pas la même ? Les maîtres d'œuvre des chapelles et des églises ont crée avec la pierre des collines des lieux de prière et de recueillement. De la taille à l'assemblage et de l'élévation aux volumes, tout semble imprégner d'un désir de sacré. N'en doutons pas : le bâtisseur du Moyen âge réalise un acte de foi.

Bibliographie  : H. P. Eydoux « Monuments méconnus », L. A. P.,1980.

Guy Barruol « Provence Romane » tome 2, Zodiaque, 1981.

la vie de saint Donat

saintDonat 

Saint Donat du Val ou de Sisteron, fêté le 19 août, vécut au VIe siècle. Sa vie nous est connue par la « Vita Sancti Donati ». Né dans la région d’Orléans, devenu prêtre, il fut appelé à Sisteron par l’évêque Jean Ier. Il s’installa donc en anachorète dans un ermitage au pied de la montagne de Lure. C’est là qu’il fut confronté à un démon qu’il obligea à aplanir une route, et à un dragon qu’il terrassa. Il eut plusieurs disciples, dont Florentinus et saint Mary, et mourut en 535.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fut l’objet de nombreuses légendes, comme celle de Saint-Donat-sur-l’Herbasse : "c’est au VIIIe siècle que les marécages de Jovinzieu abritèrent un dragon couvert d’écailles qui mangeait les enfants. Les habitants du village appelèrent à leur secours Donat, de passage dans la région. Donat s’approcha de la bête, imposa ses mains : le dragon se coucha à ses pieds, vaincu. "

 

lesMeesLa région des Mées possède aussi son histoire merveilleuse. En 1897, Eugène Plauchud l'écrivit : "Rimbaud des Mées qui, ayant vaincu les Sarrasins, reçut dans son château 7 captives mauresques qui l’avaient subjugué. Les habitants, face au scandale, lui demandèrent de les envoyer en Arles où elles devaient être jugées. Rimbaud les protégea. Le prieur de Paillerols et le prieur de Saint-Michel le menacèrent d’excommunication. Rimbaud se fit une raison, et afin de l’humilier, le prieur décida de conduire les sarrasines à la Durance devant tout le pays rassemblé. Les moines se tenaient un peu plus haut, le long de la colline. Devant les belles, ils eurent de mauvaises pensées. De l'autre côté de la Durance, Donat comprit ce qui allait se passer. Pour préserver les moines de ce péché de chair, il les pétrifia tous sur place dans leur robe de bure. Ils devinrent les rochers des pénitents."

C’est Jean-Louis Fournier, né à Saint-Donat en 1836, qui sculpta la statue du saint à Londres. La reine Victoria, ou Napoléon III selon les versions, en fit don à la commune vers 1860. Donat est représenté avec l’étole des exorcistes, le dragon ailé en laisse à ses pieds.

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Saint Michel Archange

Saint Michel

Saint Archange

saint Michel, sculpture de Martin Damay, reproduction interditeSaint Michel, Saint Gabriel et saint Raphaël. Les anges, serviteurs et envoyés de Dieu, sont très présents dans la Bible, depuis celui qui réconforte Agar au désert (livre de la Genèse 16. 7) jusqu'à celui qui mesure la Jérusalem céleste (Apocalypse 21. 17). Parmi eux, trois sont particulièrement personnifiés. Ce sont des archanges, comme des chefs des anges, selon les termes de saint Paul (1ère Thessaloniciens 4. 16) et de Jude (Jude ch. 9). Michel, ("qui est comme Dieu?") est le prince des anges. Il joue un rôle décisif (Apocalypse 12. 7 à 9). Gabriel ("Force de Dieu") est le messager par excellence (Luc 1. 19 et suivants). Raphaël ("Dieu a guéri") accompagne le jeune Tobie et est la figure bienveillante de la Providence de Dieu. La littérature apocryphe a abondamment brodé sur ces trois personnages.
"Trois ou sept?"
"La tradition catholique ne connaît que trois archanges par leur nom. La Bible en évoque sept. Au livre de Tobie, Raphaël dit de lui-même: "Je suis l'un des sept anges qui se tiennent toujours prêts à pénétrer auprès de la Gloire du Seigneur". La vision de Zacharie complète le livre de Tobie en parlant de "sept-là qui sont les yeux de Yahvé et qui vont par toute la terre". ( Les yeux sont alors symboles de l'omniscience et de la vigilance divines.)
Si les livres de la Bible ne parlent pas des quatre compagnons anonymes de Michel, Gabriel et Raphaël, les écrits apocryphes n'épousent pas leur silence. Avec fantaisie, ils nomment ceux qui étaient appelés à rester dans l'ombre de leur Créateur, si on peut parler d'ombre dans le monde de la Gloire céleste.
Par sa discrétion à la suite des livres bibliques, l'Église a préféré suggérer que le mystère de l'Invisible n'est pas épuisé et que le Paradis nous réserve de nouvelles connaissances."
(source: diocèse de Coutances)
...combattant céleste descendant sur la terre des hommes, il était légitime de le choisir comme protecteur du pays et de ses armées; déjà en 709, l'évêque d'Avranches, saint Aubert, fonda une chapelle qui deviendra l'abbaye du Mont Saint-Michel, où viendront en pèlerinage, entre autres, Charlemagne, saint Louis, Louis IX, pour demander la protection pour la France. Dans la même ligne, après la deuxième guerre mondiale, les troupes aéroportées le choisirent comme saint patron, voyant dans l'ange "ailé" qui descend du ciel comme un ancêtre, certes plus agile encore, du parachutiste contemporain... (diocèse aux armées françaises)
Fête des saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges. Au jour de la dédicace d’une basilique édifiée très anciennement sous le titre de saint Michel sur la voie Salarienne, à six milles de Rome, l’Église célèbre les trois archanges dont la sainte Écriture révèle les missions et qui , jour et nuit au service de Dieu, contemplent sa face et ne cessent de le glorifier.

Martyrologe romain

L’admiration, que leur fidélité nous inspire, rejaillit jusqu’à Toi. La splendeur de ces créatures spirituelles nous laisse entrevoir comme Tu es grand et combien Tu surpasses tous les êtres

Préface des saints anges
extrait de   Nominis   http://nominis.cef.fr/

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